Les conditions sont désormais réunies pour faire participer les consommateurs au développement de l'économie circulaire en Europe en leur donnant les moyens de faire des choix d'achat durables dans leur vie quotidienne, selon un rapport adopté en juillet par le Comité économique et social européen (CESE).
Dans ce rapport d’initiative, le CESE appelle à un changement stratégique afin de placer les consommateurs au centre de la politique publique en matière d'économie circulaire à tous les niveaux de gouvernement dans l'UE.
Il rappelle que, jusqu'ici, les consommateurs ont été réduits au rôle d’agents urbains qui recyclent les déchets domestiques, la Commission ayant ciblé la réglementation et la production en mettant l'accent sur les entreprises, lesquelles ont commencé à adopter de nouveaux modèles économiques.
« Le moment est venu pour l'économie circulaire 2.0 de s'occuper de la place du consommateur », selon le rapporteur, Carlos Trias Pintó, qui exhorte la Commission à piloter le changement par ses prochaines initiatives (EUROPE 12295/7).
Selon lui, l'information du consommateur sera déterminante dans cette deuxième étape de la transition vers l'économie circulaire. L'éducation, la formation tout au long de la vie et l'autoapprentissage doivent être mis en place et les consommateurs doivent recevoir les informations les plus objectives possible en évitant le « greenwashing » et le « maquillage » social.
Le CESE préconise un étiquetage volontaire en tant qu'étape vers un étiquetage obligatoire, indiquant l'empreinte sociale et environnementale du produit - réduction des émissions, conservation de la biodiversité, efficacité des ressources ou évitement des composants ayant un fort impact environnemental, durée de vie estimée, possibilité d'obtenir des pièces de rechange et options de réparation.
Il souhaite que l'empreinte sociale et environnementale des produits soit calculée au moyen d'indicateurs fiables, comparables et vérifiables, en particulier ceux relatifs aux substances chimiques.
Le CESE considère que la fiscalité et les marchés publics sont des outils efficaces pour piloter une approche de la production et de la consommation responsables fondée sur la récompense. Il insiste aussi sur la nécessité urgente d'améliorer l'écoconception. (Aminata Niang)