La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et les commissaires Johannes Hahn (Politique de voisinage) et Dimitris Avramopoulos (Migration) ont appelé, vendredi 26 juillet, dans une déclaration commune, les États membres et les organisations internationales à « garantir des capacités de recherche et de sauvetage adéquates, ainsi que des solutions sûres et dignes de remplacement des traversées dangereuses par la mer, sous forme de réinstallation et de retours volontaires hors de Libye, afin d'éviter de nouvelles pertes en vies humaines », alors que, selon des informations parvenues la veille, 100 à 150 migrants seraient portés disparus au large de la Libye après un nouveau naufrage.
Pour les trois responsables, ce naufrage est « un rappel terrible des risques courus par les migrants qui cherchent à arriver en Europe ».
L'UE, disent-ils, est « disposée à aider les autorités libyennes à élaborer des solutions pour créer des alternatives à la détention sûres et dignes ». Elle continuera à travailler avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) et l’Organisation internationale des Migrations (OIM) pour protéger et évacuer les migrants détenus en Libye.
Selon l'OIM, qui a recueilli des témoignages auprès des 145 migrants secourus par les gardes-côtes libyens et ramenés à Khoms, il y avait encore à bord quelque 150 migrants. Ce naufrage serait donc le plus important depuis le début de l’année.
Revoir la directive ‘facilitation’
Par ailleurs, le 26 juillet, plus de 100 organisations de divers pays d’Europe, dont le CIRÉ, la Ligue des droits humains, Oxfam Solidarité-Solidariteit et Médecins du Monde Belgique ont appelé à mettre fin à la criminalisation de la solidarité avec les migrants en Europe. Elles appellent la nouvelle présidente élue, Ursula von der Leyen, à réformer la directive de 2002 sur la facilitation (directive sur l'aide à l'entrée, au transit et au séjour irréguliers), qui permet aux États membres de criminaliser l'aide humanitaire. Ces ONG indiquent que 158 Européens auraient été poursuivis depuis 2015. (Solenn Paulic)