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Bulletin Quotidien Europe N° 12296
ACTION EXTÉRIEURE / Iran

Les Européens essaient coûte que coûte de sauver l’accord nucléaire

Les ministres des Affaires étrangères européens ont souligné, lundi 15 juillet, leur volonté de préserver l’accord sur le nucléaire iranien, alors que Téhéran a dépassé la limite du taux d’enrichissement d’uranium et la limite de stock autorisées par l’accord, qui a fêté ses 4 ans le 14 juillet.

« L’accord n’est pas en bonne santé, mais il est encore vivant », a reconnu la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, à l'issue du Conseil, ajoutant qu’il n’était pas approprié de faire des spéculations sur sa durée de vie.

Plus tôt dans la journée, certains ministres s’étaient montrés plus pessimistes. Pour le Britannique Jeremy Hunt, il y a « une petite ouverture » pour conserver l’accord et, pour son homologue lituanien, Linas Linkevicius, celui-ci est « très proche » de la fin.

Toutefois, malgré les difficultés, les Européens ne renoncent pas. « Il faut, d’un côté, rendre le mécanisme Instex plus rapide et opérationnel pour avoir un commerce légitime avec l’Iran et, d’un autre côté, travailler pour retourner au plein respect de l’accord par l’Iran », a résumé Mme Mogherini. La Haute Représentante a cependant reconnu que, bien que 10 États membres soient intéressés à participer à Instex et que des États tiers puissent y participer, l’instrument ne permettra pas de compenser les pertes dues aux sanctions américaines, mais uniquement de « réduire » l’impact de ces dernières. Bonne nouvelle, cependant, selon Mme Mogherini : « les premières transactions sont en cours de traitement ». Elle a ajouté que des discussions étaient en cours pour savoir si Instex prendrait en charge des échanges liés au pétrole, désormais sous embargo américain.

Interrogée sur le fait que les Européens n’avaient pas encore déclenché le mécanisme de résolution des conflits inclus dans l’accord sur le nucléaire – article 36 – la Haute Représentante a rappelé que cet article porte sur un « non-respect significatif » de l'accord et que les données actuelles permettent de penser qu’il ne s’agit pas d’un non-respect significatif.

Elle a ajouté que les mesures iraniennes étaient réversibles, tout en appelant Téhéran à retourner au plein respect de l’accord. « La pleine mise en œuvre de l’accord est aussi essentielle pour garder la situation aussi calme que possible dans la région », a-t-elle prévenu.

Plus tôt dans la journée, le ministre français, Jean-Yves Le Drian, avait estimé que les actions de l’Iran étaient une « mauvaise décision, une mauvaise réaction face à une mauvaise décision américaine » de se retirer de l'accord et de mettre en place des sanctions qui ont un effet extraterritorial. « Nous pensons que l’approche less for less n’est pas la bonne », avait ajouté son homologue slovaque, Miroslav Lajcak, quand le Belge Didier Reynders proposait de « réfléchir à une formule more for more ».

L’Iran fait monter la pression

Mais les Iraniens ne laissent aucun répit aux Européens. Alors même que les ministres réfléchissaient à des solutions, le porte-parole, l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), a prévenu que, si Européens et Américains ne voulaient pas agir conformément à leur engagement au titre de l'accord, « nous aussi, en réduisant nos engagements, nous contrebalancerons cela et reviendrons à la situation d'il y a quatre ans », soit avant l’accord. Les dernières décisions de l’Iran « ne sont pas prises obstinément. Elles le sont pour donner une occasion à l'autre partie de revenir à la raison et de remplir ses obligations », a-t-il mis en garde. (Camille-Cerise Gessant, avec Martin Molko)

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