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Bulletin Quotidien Europe N° 12287
INSTITUTIONNEL / Parlement europÉen

Les groupes politiques désignent quatre candidats à la présidence de l'hémicycle

Dans la foulée du Conseil européen, qui a trouvé un accord dans la douleur sur les noms des plus hautes fonctions européennes (voir autre nouvelle), les groupes politiques du Parlement européen (S&D, CRE, Verts/ALE, GUE/NGL) ont présenté 4 candidats pour le perchoir de l'institution, mardi 2 juillet, la veille de l'élection.

Mardi soir, circulait ainsi, sur la base de l'accord des dirigeants européens, l'idée d'une nouvelle présidence partagée entre les familles politiques du S&D et du PPE. Pour le groupe S&D, c'est l'Italien David Sassoli qui sera en lice pour succéder à Antonio Tajani (PPE, italien). Le nom du Bulgare Serguei Stanishev, actuel président du Parti socialiste européen, était mentionné dans la journée, mais il ne s'est finalement pas présenté à ce poste.

Outre celle du S&D, ont été déclarées les candidatures de Ska Keller, la coprésidente allemande du groupe des Verts/ALE, de l’Espagnole Sira Rego, de la GUE/NGL, et du Tchèque Jan Zahradil, pour le CRE. Le groupe Renew Europe avait choisi de ne pas présenter de candidat, du moins pour le premier tour, fixé à 9h00 mercredi matin. 

Le Spitzenkandidat déchu du PPE, Manfred Weber, pourrait entrer dans le jeu dans deux ans et demi. Il n'a cependant pas confirmé cette intention. Il s'est contenté de dire, mardi soir, qu'il resterait, à ce stade, président du groupe PPE au PE. Le 5 juin, il avait été reconduit à l'unanimité à ce poste (EUROPE 12269/7). Le PPE ne devait donc pas présenter de candidat pour cette première partie de la mandature. 

Une institution autonome

Mardi matin, courraient encore des rumeurs de report de l'élection du président du PE en raison de l'incertitude qui régnait du côté du Conseil européen. 

Une éventualité rejetée par nombre de députés, à commencer par Ska Keller, qui avait défendu sa candidature et sa vision du PE : une institution « autonome » devant agir en tant que telle en se dotant d’un président, quelles que soient les tractations sur les nominations au Conseil européen. « Personne n’a dit ouvertement qu'il fallait attendre » et le président du PE, « Tajani, a annoncé un scrutin demain à 9h00 », avait martelé la coprésidente des Verts/ALE.

Les Verts souhaitent « que le PE prenne l'initiative, les autres groupes comptent peut-être sur des arrangements trouvés au Conseil; nous, ce n’est pas le cas », avait ajouté Ska Keller, qui avait, dans la journée, un premier rendez-vous prévu avec la GUE/NGL pour tenter de trouver un soutien à sa candidature.

Du côté du groupe CRE, avec la candidature de M. Zahradil, il s’agit aussi de montrer que le PE est « assez autonome pour décider de lui-même de son président ». « En tant qu’eurodéputés, nous décidons de notre propre futur et n’avons pas besoin que le Conseil nous dise quoi faire avec des accords secrets ».

Chez certains sociaux-démocrates, notamment la délégation française, l’on considérait aussi impératif d’accorder aux Verts une place dans ce « mécano » institutionnel, un allié incontournable dans le travail de coalition et de programme de travail progressiste au PE.

Une élection en plusieurs tours

Pour élire ce président ou cette présidente du PE, mercredi 3 juillet, il faudra en tout cas la majorité absolue des voix (le vote blanc ou nul ne compte pas). Si aucun des candidats ne se détache, un second tour sera organisé, ces mêmes candidats du premier tour pouvant se représenter et de nouvelles candidatures pouvant encore être déposées. Si, au troisième tour, aucun candidat ne dispose encore de la majorité, ne seront retenus que les deux candidats avec le plus de voix pour un dernier tour décisif.

Ce vote effectué, le président ou la présidente du PE procèdera immédiatement à l’élection des vice-présidents du PE et des questeurs. Sera aussi fixée la composition numérique des commissions du PE, leur présidence devant être arrêtée la semaine prochaine.

Une houleuse session inaugurale

Relativement courte et ayant surtout servi à désigner les 8 scrutateurs qui superviseront l'élection du président du PE, à savoir les députés Henrik Overgaard Nielsen (Brexit Party), Alexandra Lesley Philipps (Brexit Party), Jerzy Buzek (PPE, polonais), Peter Jahr (PPE, allemand), Jan Olbrycht (PPE, polonais), Bernard Guetta (RE, français), Barbara Thaler (PPE, autrichienne) et Catherine Chabaud (RE, française),  cette session inaugurale du PE a, en tout cas, déjà été marquée par des controverses.

Ainsi les 29 élus du Brexit Party de Nigel Farage se sont déjà illustrés en tournant le dos à l’hémicycle lors du retentissement de l’Ode à la joie.  Une « honte », a commenté Ska Keller, qui s'est dite choquée par ce « manque de respect » de l’institution.

Les élus d’extrême droite se sont eux aussi fait remarquer. Près de la moitié d’entre eux sont en effet restés assis pendant que se jouait l’hymne européen. Un spectacle « désolant », selon une source du groupe PPE, qui justifie d’ailleurs le principe du cordon sanitaire, à l’étude entre les 4 principaux groupes politiques (EUROPE 12284/9).

Sur Twitter, l’eurodéputé belge, Gerolf Annemans, membre du groupe Identité et Démocratie (ID) a justifié son geste. « Je peux défendre l'hymne national de - et par respect pour - n'importe quelle nation ou pays, mais pas pour la promotion de cet État artificiel ».

Interrogé par EUROPE, Sergio Garuzzo, un des secrétaires généraux adjoints du groupe ID, a assuré que le groupe n’avait donné aucune indication ni contre-indication à ses députés.« Le groupe respecte le principe de liberté de chaque délégation », a-t-il expliqué.

Cordon sanitaire toujours envisagé

Quant à ce cordon sanitaire visant à bloquer de possibles présidents ID dans les commissions AGRI et JURI (EUROPE 12285/2), M. Garuzzo a estimé que le vote du 3 juillet sur les vice-présidents du PE donnerait déjà le ton. Le groupe devrait en effet proposer deux candidats, conformément à la règle d’Hondt.

Du côté des socialistes français, ce cordon sanitaire est absolument clair et fait consensus ; sans être associé aux 4 groupes, la GUE/NGL et ses membres français de la France insoumise ont aussi promis de s’opposer à ces nominations ID aux présidences de ces deux commissions.

Si la ligne à adopter face à ID semble claire, elle l’est en revanche un peu moins pour le moment en ce qui concerne le groupe CRE, groupe qui vise les présidences des commissions BUDG et EMPL et dont le discours de certains membres s’est aussi radicalisé, estime-t-on du côté social-démocrate. (Solenn Paulic et Marion Fontana)

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