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Bulletin Quotidien Europe N° 12287
INSTITUTIONNEL / Parlement europÉen

L'accord au Conseil européen sur les nominations aux postes clés est difficile à digérer

Tandis que les chefs d'États et de gouvernements se félicitaient, mardi 2 juillet, d'avoir pu trouver un accord après 48 heures de négociations sur les nominations aux postes clés (voir autre nouvelle), au Parlement européen, à Strasbourg, l'enthousiasme était beaucoup plus mitigé.

C’est un « jour difficile » pour Manfred Weber. L’actuel président du groupe PPE au PE l’a reconnu à l’issue d’une réunion avec son groupe. L’Allemand avait annoncé un peu plus tôt dans la journée qu’il renonçait à briguer la présidence de la Commission après plus de neuf mois de campagne (EUROPE 12133/2).

Mais c’est également un « jour triste pour la démocratie parlementaire », a poursuivi le député issu de la CSU alors que le groupe PPE au PE et les autres groupes ont bataillé pour que le Parlement puisse déterminer un programme et une personnalité à ce haut poste de la Commission et essayé de sauver le système des Spitzenkandidaten.

Le député a néanmoins « salué les résultats du Conseil européen » et s’est dit « loyal à ce paquet », qui permet au PPE de conserver la présidence de la Commission.

Malgré le fait que le processus des Spitzenkandidaten n’a pas été respecté, « le parti prendra ses responsabilités » et soutiendra donc ce paquet, Manfred Weber espérant que ce sera le cas des autres familles politiques du PE.

Mais au regard des premières réactions, mardi soir, il était permis d’en douter. À l’issue de la réunion du Bureau et des chefs de délégations, la présidente du groupe S&D au PE, Iratxe García, a indiqué que la proposition des dirigeants était « profondément décevante » et a réitéré son soutien au processus du Spitzenkandidat.

« Ursula von der Leyen est inacceptable à la tête de la Commission européenne pour les sociaux-démocrates », a réagi l’ancien président du groupe S&D, l’Allemand Udo Bullmann. « Si nous permettons qu'un candidat compétent et démocratiquement élu comme Frans Timmermans soit refusé par Salvini, Orbán and Co, précisément parce qu'il a défendu les valeurs fondamentales de l'UE, cela témoigne de la pauvreté de notre communauté et portera un coup durable à la confiance des citoyens dans l'UE », a-t-il dénoncé.

Du côté des Verts/ALE, l’on ne mâchait pas non plus ses mots, à l’image de l'eurodéputé français Yannick Jadot qui a évoqué un accord « médiocre ». « Un casting médiocre, un pathétique arrangement entre Merkel PPE Macron Libéraux et Sanchez Socialistes. Une défaite pour l’Europe et pour la démocratie. Le Parlement européen acceptera-t-il cette humiliation ou votera-t-il (ce mercredi) (la coprésidente des Verts/ALE) Ska Keller pour le présider ? », se demandait l’élu sur son compte Twitter.

Les deux coprésidents du groupe, Ska Keller et Philippe Lamberts, ont également dénoncé un mauvais accord et d'ores et déjà indiqué que les 75 députés du groupe voteraient contre cet accord qui ne respecte pas le processus des 'lead candidates' ni le résultat des élections européennes.

« Le Parlement doit décider de sa présidence indépendamment des gouvernements européens et ne pas s'en remettre à un compromis mal préparé au sein du Conseil (européen). C'est pourquoi nous soutenons fermement notre candidate à la présidence du Parlement européen, Ska Keller. Le Parlement ne devrait pas laisser le Conseil (européen) dicter sa présidence », a déclaré Philippe Lamberts.

« Le Conseil (européen) veut nommer la ministre allemande de la Défense pour préparer l’Europe de la guerre », a commenté pour sa part la délégation française de la GUE/NGL dans un communiqué, indiquant que ses députés s’opposeront au paquet.

Le vice-président du groupe Identité et Démocratie (ID), le Français Nicolas Bay, a, lui, estimé que « ces petits accords entre amis (montraient) clairement un système et des institutions européennes totalement à bout de souffle », avec des personnalités, pour la plupart, inconnues des peuples et une continuité à la Commission avec la politique menée par Jean-Claude Juncker « pour toujours plus de libre-échange et d’ouverture des frontières aux migrants ».

Le débat, jeudi 4 juillet en session plénière du PE, sur les résultats du sommet européen en présence des présidents de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et du Conseil, Donald Tusk, promet d'être animé. (Marion Fontana et Solenn Paulic)

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