Concentrer les efforts en matière de protection des réfugiés uniquement sur la Libye représenterait « une erreur », a estimé Vincent Cochetel, envoyé spécial du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), mercredi 26 juin, lors d’une conférence de presse à Bruxelles.
À ses yeux, il est important de mettre davantage l’accent sur les pays situés aux alentours de la Libye. Ce pays en guerre est l'un des points de départ de nombreux migrants vers l'Europe.
« Nous devons trouver des solutions autour de la Libye, ce qui s'applique également, dans une certaine mesure, aux pays au sud du Maroc. Nous devons vraiment renforcer les filets de sécurité et les alternatives aux routes menant à ces pays », a-t-il ainsi déclaré, tout en déplorant l'absence de solution pour le cas libyen.
M. Cochetel a appelé à cesser de voir la Libye comme un pays intermédiaire sur le chemin vers l’Europe. Selon lui, il s’agit d’un « mythe », car la Libye constitue en réalité le pays de destination de nombreux réfugiés s’y trouvant. « Les autorités libyennes disent : nous les détenons parce que l'Europe nous demande de les détenir. Si nous ne le faisons pas, ils traverseront la Méditerranée [...] Ce n'est pas la réalité », a-t-il estimé.
Considérant que le système de détention des réfugiés en Libye est « arbitraire », il a insisté sur l’importance d’offrir des alternatives décentes aux personnes contraintes de migrer vers la Libye et un accès à une protection efficace.
Selon lui, si 80% des réfugiés africains trouvent une protection dans un pays voisin aux leurs, il est primordial d’agir pour les 20% restants, susceptibles de se déplacer, et qui sont majoritairement des jeunes (34% des réfugiés détenus dans des centres en Libye sont âgés de moins de 17 ans et, bien que l’UNHCR ne dispose pas encore des chiffres exacts, plus de 50% seraient âgés de moins de 25 ans).
À son sens, devant l’absence d’opportunités et de protection offertes à ces jeunes dans les pays de premier asile, ces derniers n’ont pas d’autres choix que de migrer vers la Libye, un pays avec une forte demande de travail. Par conséquent, afin d’empêcher ces migrations, M. Cochetel estime qu’il faut identifier et renforcer les activités qui « ont un effet stabilisateur sur les mouvements des personnes ». (Damien Genicot - stage)