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Bulletin Quotidien Europe N° 12264
INSTITUTIONNEL / DÉmocratie

Plus de 20 millions d'euros ont été investis en trois mois sur Facebook pour de la publicité politique

Ce lundi 27 mai, l'Europe se réveille avec un nouveau Parlement et dresse déjà un premier bilan de son processus électoral. S'il est encore trop tôt pour tirer des conclusions, il semble qu'aucune perturbation ne soit à constater. La bibliothèque publicitaire de Facebook montre toutefois que certains partis, comme le parti belge d'extrême droite Vlaams Belang, ont clairement 'mitraillé' les utilisateurs du réseau social.  

Une manne financière importante

Selon les chiffres de Facebook, 356 000 publicités liées à la politique ou aux débats d'intérêt général auraient été diffusées sur sa plate-forme ces trois derniers mois dans l'UE-27 (hors Royaume-Uni). Le montant reçu par Facebook (et dans certains cas, investi par la plate-forme) atteint près de 22 millions d'euros pour la même période. L'Allemagne a été particulièrement ciblée, avec 3,3 millions d'euros investis entre mars et mai 2019. Suivent l'Espagne (2,7 millions €), la Belgique (2,3 millions €), l'Italie (1,7 million €) et la France (1,4 million €). Pour le Royaume-Uni, la période de référence est de 8 mois et montre que 81 000 publicités ont été diffusées pour un montant total de 5,2 millions d'euros. 

Bien sûr, même si toutes les publicités ne concernaient pas automatiquement les élections européennes, elles nous montrent quand même combien les électeurs ont été exposés durant cette campagne électorale. 

Partis eurosceptiques : comparaison par pays

Une analyse approfondie (mais pas nécessairement exhaustive) nous montre que le Parlement européen a été un grand pourvoyeur de publicités, avec par exemple 672 000 euros investis en Allemagne ou 153 000 euros aux Pays-Bas. Le chiffre parait par contre dérisoire en Pologne (25 000 euros). 

Les partis souverainistes, ultraconservateurs et eurosceptiques s'en sont également donné à cœur joie dans certains États membres. En Belgique, où un triple scrutin était organisé (régional, fédéral et européen), les trois acteurs à avoir dépensé le plus d'argent en publicité politique ces 30 derniers jours sont, par ordre d'importance, le Vlaams Belang (extrême droite), le Parlement et la NVA (droite nationaliste conservatrice). Le Vlaams Belang et la NVA, qui totalisent à eux deux plus de 800 000 euros (621 000 pour le Vlaams Belang et 220 000 euros pour la NVA), enregistrent tous les deux d'excellents résultats. Pour les autres pays, citons l'exemple du Fidesz et de Jobbik en Hongrie, qui ont dépensé à eux deux la moitié du montant des publicités politiques et qui ont finalement obtenu 14 sièges au Parlement. Citons aussi le Parti du peuple au Danemark, qui a participé à un quart des publicités et obtient 1 siège. 

En Italie, la Lega a dépensé 142 000 € et le Mouvement 5 étoiles 53 577 €, soit relativement peu par rapport au total de 1,7 million d'euros (voir ci-dessus). En France et en Espagne, on trouve relativement peu de traces du Rassemblement national et de Vox

La Commission européenne prudente

Interrogé de manière plus globale sur le processus électoral, le porte-parole de la Commission européenne a indiqué qu'il était encore trop tôt pour se réjouir. « Toutefois, nous pouvons clairement voir que les mesures prises dans le cadre du plan d'action contre la désinformation et notre paquet électoral ont contribué à dissuader les attaques et à dénoncer les tentatives de désinformation », a déclaré Margaritis Schinas. La bibliothèque publicitaire de Facebook est en tout cas une réponse au code de bonnes pratiques contre la désinformation (EUROPE 12104/1). (Sophie Petitjean, avec l'aide de Martin Molko - stagiaire)

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