Au lendemain des élections européennes, lundi 27 mai plusieurs ministres du Commerce européens, réunis en Conseil à Bruxelles, ont souhaité tirer les premiers enseignements du scrutin : les citoyens européens appellent à intégrer davantage la dimension climatique – et à être mieux défendus des aspects négatifs de la mondialisation.
Pour le secrétaire d’État français auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, « au regard des résultats et des votes qui ont été exprimés, on a vu un souhait des Européens d’être protégés ; un souhait que la dimension climatique soit pleinement prise en compte », a-t-il déclaré à son arrivée au Conseil. Il a ainsi promis que la France continuerait « à pousser de façon très offensive » pour adapter la politique commerciale européenne. « Il y a véritablement, aujourd’hui, une urgence de repenser cette politique commerciale », a estimé M. Lemoyne.
Son de cloche assez harmonieux du côté d’Ann Linde, ministre suédoise des Affaires européennes et du Commerce. Membre du parti social-démocrate, parvenu à se maintenir en tête au scrutin, Mme Linde a ainsi déclaré avant la réunion que son parti avait promis, dans sa campagne, « qu’à partir de maintenant, les partenaires de tous nos accords commerciaux élargis et approfondis doivent ratifier l'Accord de Paris ». « C'est une nouvelle position de notre part », a-t-elle souligné.
Pour la ministre suédoise, il s’agit aussi de travailler à avancer dans la libéralisation du commerce, y compris avec les « grands pays », sur tous les « biens respectant ou favorables au climat, tels le bioéthanol et tous les types de bicyclettes ».
Côté français, l’approche diffère : Paris souhaite plutôt se concentrer sur la mise en place de conditions équitables d’accès au marché – le fameux ‘level-playing field’ – en assurant le respect des valeurs et normes environnementales. « Nous ne devons plus être des naïfs, nous devons véritablement lutter pour qu’il y ait des conditions d’équité dans le commerce international », a souligné M. Lemoyne.
« En termes de méthode, c’est la transparence, c’est le fait de rendre des comptes sur cette politique commerciale et c’est également faire en sorte qu’on puisse avoir une politique commerciale qui protège effectivement notre planète, mais également nos emplois, nos industries et nos filières », a-t-il conclu. (Hermine Donceel)