Journée sombre pour la lutte contre la violence à l'égard des femmes : mardi 23 avril, le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU) a approuvé une résolution sur les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre totalement vidée de sa substance par les États-Unis, la Russie et la Chine.
Selon les dépêches de presse, le projet de texte allemand voulait à l'origine établir un groupe de travail formel, mettre en place un mécanisme pour aider à faire traduire les coupables en justice et développer la protection des victimes en leur reconnaissant des droits en matière de droits sexuels et reproductifs. Finalement, « la Russie, la Chine et les États-Unis se sont opposés à la création du 'mécanisme' de justice, le groupe de travail a été balayé, et Washington a menacé d'imposer un veto si des mentions évoquaient les droits reproductifs, craignant un encouragement aux avortements ».
Cette expérience peut être mise en parallèle avec les difficultés que rencontre aujourd'hui l'Union européenne pour ratifier un autre texte du Conseil de l'Europe sur les violences à l'égard des femmes : la Convention d'Istanbul. Sept États membres ont signé ce texte, mais rechignent à la ratifier (la Bulgarie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Slovaquie, la République tchèque et le Royaume-Uni). Idem du côté de l'UE en tant qu'entité, qui fait face à des problèmes de procédure au Conseil (EUROPE 12228/4). (Sophie Petitjean)