Moins de résidus de médicaments dans les eaux et les sols pour protéger la biodiversité et lutter contre la résistance aux antibiotiques, tout en permettant de soigner correctement humains et animaux, c’est l’ambition affichée par la Commission dans l'« Approche stratégique des produits pharmaceutiques dans l’environnement » présentée lundi 11 mars par l'institution.
Cette 'approche stratégique' très générale vise principalement à : - identifier les actions à prendre ou méritant d’être explorées pour s’attaquer aux risques des résidus de produits pharmaceutiques dans l’environnement ; - encourager l’innovation là où elle peut aider à s’attaquer aux risques et à promouvoir l’économie circulaire en facilitant le recyclage de ressources comme l’eau, les boues d’épuration et le fumier ; - identifier les lacunes en matière de connaissances et présenter des solutions possibles pour les combler ; - garantir que les actions menées ne compromettent pas l’accès à des traitements sûrs et efficaces pour les patients et les animaux. Cette approche repose sur le partage des bonnes pratiques et la coopération internationale.
Les mesures énoncées pour aider à réduire les concentrations de produits pharmaceutiques couvrent tout le cycle de vie des médicaments depuis leur conception jusqu'à leur élimination, en passant par leur utilisation qui constitue la première voie de pénétration dans l'environnement.
L'éventail de ces mesures est large : campagnes de sensibilisation aux risques et d’encouragement à une utilisation prudente des médicaments, amélioration de l’évaluation des risques environnementaux, collecte de données de surveillance, appui à la mise au point de médicaments moins nocifs pour l'environnement et promotion d'une fabrication plus écologique, réduction des émissions provenant de la fabrication des médicaments, réduction des déchets et amélioration de la gestion des déchets, notamment par un meilleur traitement des eaux urbaines résiduaires et un meilleur contrôle des émissions diffuses en provenance des élevages, promotion de la recherche sur l'écotoxicité et le devenir environnemental des produits pharmaceutiques ainsi que sur les liens entre la présence d'antibiotiques dans l'environnement et le développement de la résistance antimicrobienne.
Une telle approche stratégique est requise par la directive 'Substances prioritaires pour la politique de l'eau' (directive 2008/105/CE amendée par la directive 2013/39/UE), qui prévoit aussi que soient proposées des mesures proportionnées, à l'échelle de l'UE et/ou des États membres, pour s'attaquer aux possibles impacts environnementaux des substances pharmaceutiques. (Aminata Niang)