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Bulletin Quotidien Europe N° 12211
INSTITUTIONNEL / Royaume-uni

Rencontre entre Theresa May et Jean-Claude Juncker à Strasbourg à la veille d'un vote décisif au Parlement britannique

La dirigeante britannique, Theresa May, était en partance pour Strasbourg, lundi 11 mars au soir, pour rencontrer le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, afin d’obtenir d’ultimes garanties de l’Union européenne à la veille d’un vote décisif sur une sortie ordonnée du Royaume-Uni de l'UE. 

La Première ministre britannique Theresa May était supposée faire le déplacement à Bruxelles ce 11 mars (EUROPE 12210/20). Elle s’était aussi entretenue par téléphone avec M. Juncker dimanche soir, a précisé de son côté Margaritis Schinas, le porte-parole de l’institution européenne, mais le projet de déplacement bruxellois avait été abandonné en raison de pourparlers infructueux pendant le week-end. 

Pour la Commission, il revient « maintenant à la Chambre des communes de prendre des décisions importantes cette semaine », a commenté lundi le porte-parole de l’institution. 

Le négociateur de l’UE sur le Brexit, Michel Barnier, a renchéri : les négociations ont lieu désormais « entre le gouvernement et les députés » britanniques, alors que les pourparlers techniques du week-end entre négociateurs européens et britanniques ne semblent avoir donné lieu à aucune percée significative. 

Vendredi, M. Barnier, au terme d’une réunion avec les ambassadeurs des États membres auprès de l'UE (Coreper), avait exposé les termes de l’offre européenne faite aux Britanniques : - réaffirmer que le filet de sécurité ('backstop'), qui est destiné à éviter le retour d'une frontière physique en Irlande du Nord en associant tout le Royaume-Uni dans une Union douanière avec l'UE, sera temporaire s'il est mis en place ; - l’UE agira en toute bonne foi pour conclure à temps un accord de libre-échange avec le Royaume-Uni susceptible d'éviter la concrétisation du ‘backstop’. 

D'après les Vingt-sept, une sortie unilatérale par le Royaume-Uni du filet de sécurité serait envisageable, faute d’accord sur la future relation bilatérale et à condition que les paramètres de base du filet de sécurité soient respectés, c'est-à-dire la proximité normative de l'Irlande du Nord avec l'UE. 

Mais ces propositions n’ont pas été accueillies favorablement par les négociateurs britanniques, avait aussi expliqué vendredi Michel Barnier. 

Mme May aurait pourtant été prête à accepter cette offre, selon des informations qu’aurait communiquées la Commission lundi aux ambassadeurs des États membres, selon les médias britanniques citant des sources diplomatiques. 

Les discussions entre les deux parties auraient aussi achoppé sur les propositions du procureur général britannique, Geoffrey Cox, qui aurait, selon la RTE irlandaise, suggéré de modifier les voies de recours au mécanisme d’arbitrage prévu par l’accord de retrait et in fine le recours à la Cour de justice de l'UE. 

Le gouvernement britannique a confirmé qu’il maintenait le vote décisif ('meaningful vote') du Parlement britannique mardi 12 mars. Des rumeurs faisaient état d’une possible modification de la nature de ce vote, avec potentiellement un vote provisoire des députés. Ces rumeurs ont été démenties par le gouvernement britannique, mais démontrent la fragilité de Mme May à l’entame d’une semaine décisive. 

En cas de deuxième rejet de l'accord sur un Brexit ordonné, les députés britanniques seront invités à dire, mercredi, s’ils souhaitent une sortie sans accord de leur pays de l'UE ou encore, jeudi, s'ils préconisent une extension du délai de négociation de deux ans inscrit à l’article 50 du Traité. 

Une telle requête, si elle est officialisée par le gouvernement de Mme May, serait alors étudiée lors du sommet européen de printemps de jeudi 21 et vendredi 22 mars. (Solenn Paulic)

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