La Haute Représentante de l'Union européenne, Federica Mogherini, a regretté, lundi 18 février, l'expulsion du Venezuela, la veille, d'une mission d'eurodéputés chrétiens-démocrates invités par le président autoproclamé Juan Guaidó.
Néanmoins, d'après Mme Mogherini, « aucune voix » autour de la table des ministres des Affaires étrangères de l'UE n'a demandé la fin des travaux du groupe de contact international. Au contraire, il est « crucial » de disposer de cet instrument diplomatique qui permet de discuter avec « toutes les parties prenantes » vénézuéliennes et a pour « objectif clair » de favoriser l'apparition des conditions pour la tenue de nouvelles élections présidentielles, a-t-elle ajouté.
Une délégation d'experts du groupe de contact international, qui s'est réuni pour la première fois à Montevideo (EUROPE 12190), devrait être à pied d'œuvre à Caracas cette semaine.
Comme la Haute Représentante, le ministre espagnol, Josep Borrell, a insisté sur le rejet de toute « intervention militaire étrangère » pour résoudre la crise vénézuélienne. « Le médicament serait pire que la maladie », a-t-il estimé.
Pendant le week-end, les autorités vénézuéliennes fidèles à Nicolás Maduro ont expulsé une délégation de cinq eurodéputés du groupe PPE - la Néerlandaise Esther de Lange, les Espagnols Esteban González Pons, Gabriel Mato et José Ignacio Salafranca Sánchez-Neyra, le Portugais Paulo Rangel - qui s'étaient rendus à Caracas à l'invitation de l'Assemblée nationale présidée par Juan Guaidó.
« Ils nous ont confisqué les passeports, ils ne nous ont pas communiqué les raisons de cette expulsion (...) Ils ne laissent pas le président Guaidó rencontrer des personnalités étrangères », a déclaré M. González Pons sur Twitter. Et d'ajouter : « Quand un dictateur ferme les fenêtres et éteint la lumière, cela veut dire qu'il va passer des paroles aux actes. Vive le Venezuela libre ! »
En réaction à cette expulsion, le président du groupe PPE, l'Allemand Manfred Weber, a demandé à Mme Mogherini et aux ministres des Affaires étrangères de l'UE de rompre les relations diplomatiques avec les représentants du régime Maduro. Prompt à réclamer le départ de M. Maduro, le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a demandé au Conseil européen de prendre de nouvelles « mesures » contre le régime. (Mathieu Bion)