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Bulletin Quotidien Europe N° 12196
ACTION EXTÉRIEURE / Ukraine

L’UE s’apprête à adopter de nouvelles sanctions et à aider la région de la mer d’Azov

La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, a confirmé, lundi 18 février, que les Européens allaient, très prochainement, adopter de nouvelles sanctions en rapport avec l’arrestation de 24 marins ukrainiens en mer d’Azov en novembre et que les services allaient travailler sur un soutien supplémentaire à la région, touchée économiquement par la fermeture du détroit de Kertch. 

À l’issue du Conseil, Mme Mogherini a confirmé qu’il y avait « un consensus politique pour que quelques mesures supplémentaires soient prises ». « Les actes juridiques seront finalisés dans les prochains jours », a-t-elle ajouté. Huit Russes devraient ainsi être sanctionnés en raison de leur implication dans l’arrestation des marins. 

Lors de leur débat, les ministres des Vingt-huit ont également identifié des domaines dans lesquels l'UE pourrait apporter un soutien supplémentaire « en particulier aux zones de la région de la mer d'Azov à la suite d'une visite de l'Union européenne dans la région », a annoncé la Haute Représentante. Elle a notamment cité « les liaisons ferroviaires et routières dans la région, les centres de formation dans certaines villes d'Ukraine autour de la mer d'Azov et le soutien aux petites et moyennes entreprises »

Plus tôt dans la journée, à l’issue d’un petit-déjeuner des ‘Amis de l’Ukraine’ avec les ministres des Vingt-huit, le ministre ukrainien Pavlo Klimkin a appelé à une aide de l’UE, estimant que la Russie tentait « d’asphyxier » le Donbass ukrainien. Selon lui, depuis le début de la guerre, le tonnage dans le port de Marioupol est passé de 18 milliards de tonnes à 5,6 milliards et les cargos de 15 à 2 ou 3. « Nous avons besoin que les infrastructures soient davantage développées : des routes, des lignes de chemin de fer », a-t-il expliqué à un petit groupe de journalistes, dont EUROPE, mettant aussi en avant la nécessité de développer le capital humain. « Il faut remanier (reshuffle) le modèle économique », a-t-il estimé. 

L’UE a déjà promis 50 millions d’euros pour aider la région et devrait mettre à disposition des aides et des prêts supplémentaires, notamment via la BEI et la BERD. 

Toutefois, au-delà de cette aide, le ministre souhaiterait que les Européens fassent une déclaration commune sur la liberté de navigation, précisant que certains États membres étaient encore « effrayés » d’adopter une telle déclaration, sans pour autant expliquer pourquoi. Selon M. Klimkin, une telle déclaration « renforcera la politique de l’UE envers la Russie ». Le ministre a aussi souhaité une augmentation des infrastructures de sécurité le long de la côte, tout en précisant que cela concernait moins l’UE. 

Interrogée sur les futures élections en Ukraine, la Haute Représentante a espéré que celles-ci seraient « libres et justes » et que les normes de l’OSCE seraient pleinement respectées. Les Européens ont critiqué l’interdiction, par Kiev, de la venue d’observateurs russes. Une décision justifiée par M. Klimkin. « Il y a deux dimensions importantes : politique et émotionnelle », a-t-il expliqué. 

Le ministre a précisé que la Russie tentait d’interférer dans les élections. Selon lui, « une réalité pro-russe est désormais hors de question en Ukraine ». Mais le Kremlin, afin d’avoir de l’influence, table à la fois sur la tentative d'amener le pays à un tel niveau de déstabilisation que l’Ukraine puisse être présentée comme un État défaillant (failed state) et la possibilité de mettre en avant des personnes qu’il puisse manipuler. (Camille-Cerise Gessant)

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