Les membres du Parti démocrate européen (PDE) ont appelé, vendredi 8 février, lors de leur congrès à Bilbao (Espagne), à la refondation « démocratique profonde » de l’Europe. « Pour nous, c’est l’heure de refonder l’Europe », ont lancé les membres du PDE dans leur 'déclaration de Bilbao'.
Soulignant que le projet européen est en danger, le PDE estime que « l’Europe a besoin d’une rupture, d’une refondation démocratique profonde ». Selon lui, « les partis qui ont dominé la scène européenne durant les dernières décennies ne sont plus en état aujourd’hui de ranimer le formidable élan européen que les pères fondateurs avaient réussi à susciter. Ils sont fatigués et ils ont déçu ». Ainsi, « c’est l’heure pour les démocrates de prendre la relève. C’est à nous que revient l’ardente obligation de faire partager par les citoyens le rêve européen qui nous habite », précise la déclaration. Avant d'ajouter : « Le Parti démocrate européen veut et doit être inspirateur d’une nouvelle constellation politique dont l’objectif est de remettre l’Europe en marche. »
La déclaration énumère de nombreux défis auxquels l’UE fait face, mais sans donner véritablement de réponses. Ainsi, les membres dénoncent le manque d’ambition sur le climat, appelant à « un plan ambitieux de transition vers une économie verte financé par de nouvelles ressources propres et créatrice de millions d’emplois ».
De même sur l’économie. Si l’UE s’est dotée d’une monnaie unique, elle n’a toujours pas de pilote politique ni les instruments ou moyens budgétaires pour permettre aux États de la zone euro de coordonner leurs politiques économiques et de bénéficier de la solidarité de leurs partenaires en cas de chocs asymétriques, regrette le PDE. Il reproche aussi un manque d’harmonisation fiscale, en particulier sur l’impôt sur les sociétés, et demande la taxation des géants du numérique.
Les démocrates critiquent aussi le fait que les Européens laissent « les principaux concurrents extérieurs prendre le contrôle d’entreprises ou d’infrastructures stratégiques [EUROPE 12141] et ne [favorisent] pas l’apparition de géants industriels européens capables de tenir tête aux géants des concurrents » (EUROPE 12188).
Pour ce qui concerne l’Europe sociale, l’UE ne dispose pas, selon les membres du PDE, d’instruments efficaces contre le dumping social ni de feuille de route pour encourager la convergence sociale.
Les démocrates dénoncent aussi le manque de solidarité concernant la migration et l’absence de règles communes en matière d’asile. Ils mettent en avant la nécessité, avec les pays africains, d’un « plan Marshall dont l’Afrique a besoin pour assurer le développement d’un continent en pleine croissance démographique ». Enfin, alors que les Européens dépensent plus en matière de défense que la Russie, ils ne sont « pas capables de projeter des forces européennes sur les théâtres d’opérations extérieures, si cela s’avérait nécessaire, ni de dissuader la Russie d’amplifier sa politique aventureuse et belliqueuse à l’égard de ses voisins européens », dénonce le PDE.
Cette déclaration est un jalon vers le manifeste pour les élections européennes. Selon une source, celui-ci est en cours de préparation et devrait être adopté en avril prochain. La question de la nomination d’un Spitzenkandidat ou non est encore en discussion, a ajouté cette source.
Par ailleurs, lors du congrès, trois nouveaux partis ont adhéré au Parti démocrate européen : le parti slovène DeSUS (Demokratična stranka upokojencev Slovenije), le parti tchèque Senátor 21 (Sénateur 21) et le parti hongrois Új Kezdet (Nouveau commencement). Les partis chypriote Platforma Politon (Plateforme des citoyens) et roumain Pro-România (Pro-Roumanie) sont, eux, devenus des membres observateurs. (Camille-Cerise Gessant)