Le négociateur en chef de l’UE pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE, Michel Barnier, a souhaité, lors d’un déplacement au Luxembourg, lundi 11 février, aux côtés du Premier ministre, Xavier Bettel, que les nouvelles discussions prévues pour le soir même à Bruxelles avec le gouvernement britannique permettent de « trouver une solution » à l’impasse actuelle (EUROPE 12189).
Michel Barnier devait rencontrer le ministre britannique chargé du Brexit, Stephen Barclay, à 20 h à Bruxelles et s’est dit prêt à écouter « toutes les idées » que ce dernier exposera, mais dans les limites déjà connues. « Nous allons avoir de nouvelles discussions, mais on ne va pas le faire en rouvrant l’accord de retrait », a-t-il répété. Le négociateur pour l’UE a réitéré la disponibilité des Vingt-sept à retravailler la déclaration politique, si le Royaume-Uni devait à ce titre se montrer « plus ambitieux », et a aussi marqué son intérêt pour la lettre que le leader du Labour, Jeremy Corbyn, a adressée ces derniers jours à Theresa May.
Une lettre « intéressante, sur le ton et sur le fond », a dit le négociateur de l’UE. Cette lettre, à laquelle Mme May a répondu au cours du week-end, évoque une volonté du Labour de travailler à un compromis avec Mme May et évoque notamment le maintien du pays dans une union douanière temporaire. Mme May a accepté ce dialogue avec l’opposition.
« Il faut que quelque chose bouge » au Royaume-Uni, a réitéré Michel Barnier, insistant sur le fait que c’est seulement au Royaume-Uni qu’une issue pourra être trouvée. Le Premier ministre luxembourgeois s’est inscrit sur cette même ligne, se disant prêt à écouter « les doléances du gouvernement britannique », à lui apporter « des clarifications », mais Xavier Bettel a relevé les « carences fondamentales » dans l’argumentaire des tenants du Brexit, qui ne savent dire que « non, non, non », mais n’ont toujours pas soumis d’alternatives.
Le Luxembourgeois a aussi exprimé son agacement face aux critiques selon lesquelles les Vingt-sept auraient la volonté de faire capoter les discussions. C’est à Londres que le Brexit a commencé, c’est là que les solutions doivent être trouvées, a ajouté M. Bettel. (Solenn Paulic)