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Bulletin Quotidien Europe N° 12184
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Avenir de l'ue

M. Sipilä n'accepte aucun compromis sur le respect de l'État de droit

Le Premier ministre finlandais, Juha Sipilä, a insisté sur le respect de l'État de droit, la rigueur budgétaire et la lutte contre les dérèglements climatiques, jeudi 31 janvier lors d'un débat sur l'avenir de l'Union européenne au Parlement européen. 

« Il ne peut pas y avoir de compromis sur l'État de droit », a déclaré M. Sipilä. Il a vu d'un bon œil la proposition législative visant à conditionner après 2020 l'octroi de financements européens au respect de l'État de droit dans les États membres (EUROPE 12174). 

 Le Premier ministre libéral a défendu la rigueur budgétaire aux niveaux national et européen. Il a fait valoir les réformes « peu populaires » équivalentes à « une dévaluation interne » mises en place dans son pays pour s'attaquer à un déficit public qui atteignait 3,2 % en 2014 : gel des salaires, coupes dans les retraites, hausse du temps de travail... Le déficit finlandais devrait être à l'équilibre en 2019 et le chômage à son niveau le plus bas depuis 30 ans, a souligné cet ancien entrepreneur. Et d'ajouter : « Nous savons ce qu'il faut faire, mais nous ne savons pas comment être réélus après. » 

S'appuyant sur ces efforts acceptés par les Finlandais pour leur pays, M. Sipilä a jugé « inacceptable » tout type de transfert budgétaire des États membres vertueux vers les États plus dépensiers. D'accord avec le fait que les États membres ont une responsabilité budgétaire, Guy Verhofstadt (ADLE, belge) lui a rétorqué qu'une capacité budgétaire propre à la zone euro était néanmoins nécessaire pour faire face aux chocs macroéconomiques. 

Au niveau européen, cette ligne politique se traduit par une position défendant un cadre financier pluriannuel (CFP) pour 2021-2027 proche de 1 % du RNB. Il appartiendra d'ailleurs à la Présidence finlandaise du Conseil de l'UE du deuxième semestre 2019 de tenter de trouver un accord unanime à l'automne sur le budget de l'UE post-2020. M. Sipilä s'est dit confiant dans la capacité des Européens à trouver un équilibre entre politiques traditionnelles (agriculture, cohésion) et d'avenir (sécurité, innovation, protection du climat). 

À propos de la migration, le Premier ministre a dit que la politique européenne devait être exhaustive : investissements dans les pays d'origine, renforcement des frontières extérieures de l'UE, réinstallations directes de réfugiés depuis les pays tiers et « solidarité » dans l'accueil des migrants entre États membres. Mais il n'a pas précisé la manière de parvenir à une réforme du système européen d'asile. 

La Finlande soutient par ailleurs activement une coopération accrue en matière de défense (CSP ou PESCO). 

Quant à la lutte contre les dérèglements climatiques, M. Sipilä a estimé que l'UE devait « faire preuve de leadership » dans un domaine d'activité porteur d'emplois. Il a cité trois axes d'action : - la réduction des émissions de CO2 par le biais d'un relèvement de l'objectif de 2020 et la fixation d'un objectif contraignant d'« au moins 55 % » de réduction en 2030 par rapport à 1990 ; - la création de puits de carbone, en utilisant les forêts et en modifiant les pratiques agricoles : - l'élaboration de nouvelles technologies. 

Au nom de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a conseillé à la prochaine Présidence du Conseil de manœuvrer « avec doigté » dans une période qui sera marquée par l'attribution des principaux postes européens à responsabilité. Il a suggéré à M. Sipilä d'organiser un sommet du Conseil de l'Arctique, idée que ce dernier a accueillie favorablement. 

À Jeppe Kofod (S&D, néerlandais) qui l'interpellait sur l'opposition de son pays à une taxation européenne des géants du numérique, M. Sipilä a admis la nécessité que les grandes entreprises paient des impôts là où elles réalisent un profit. (Mathieu Bion)

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