Si l’UE et l’OTAN ont salué le vote du Parlement de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine sur le changement du nom du pays, vendredi 11 janvier, ce vote a mis le gouvernement grec en difficulté, avec l'annonce d'un vote de confiance au Parlement, ce mercredi.
Lundi 14 janvier, la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, Maja Kocijancic, a souligné le soutien de l’UE à l’« accord historique » de Prespa, estimant qu’il s’agissait d’une « opportunité unique de surmonter les difficultés et de renforcer les relations ». « Nous suivons les procédures nationales encore nécessaires », a-t-elle ajouté. De son côté, le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, a précisé que l'institution « ne commentait jamais les développements politiques internes », tout en expliquant qu’elle suivait de près les développements politiques.
Le 11 janvier, avant le vote en ARYM, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait encouragé les deux parlements à voter l’accord (EUROPE 12170). Après le vote à Skopje, le commissaire aux Négociations d'élargissement, Johannes Hahn, avait espéré un « résultat positif en Grèce ». « C'était un long chemin à parcourir et le voyage continue, avec un résultat positif, espérons-le, également en Grèce », avait-il souhaité.
Vote de confiance en Grèce mercredi
Le ministre de la Défense, Panos Kammenos, chef du petit parti souverainiste ANEL et opposé à l’accord de Prespa, a démissionné, et le Premier ministre a demandé un vote de confiance à son Parlement. Ce vote de confiance devrait se tenir mercredi 16 janvier et sera un bon indicateur pour le vote sur l'accord de Prespa, sur lequel le Parlement grec devra s'exprimer à la majorité simple.
Le vote sur l'accord s'annonce serré. Le parti du Premier ministre, Syriza, compte 145 députés sur 300 et espère pouvoir compter sur les voix des sept députés du parti pro-européen d'opposition Potami. Il n’est pas encore clair si les élus d’ANEL suivront leur chef, Panos Kammenos, ou non. Le principal parti d'opposition, Nouvelle Démocratie (PPE), et ses 78 élus a lui annoncé qu'il voterait contre, soutenu à demi-mot par le président du groupe PPE au Parlement européen, Manfred Weber. « Je respecte pleinement la sensibilité du peuple grec sur la question du nom de l'ARYM [...] et je respecte la position de Kyriakos Mitsotakis », le président du parti Nouvelle Démocratie, a-t-il souligné dans un tweet.
Le vote de vendredi au Parlement macédonien a, lui aussi, été difficile. Si les changements constitutionnels pour changer le nom du pays en 'République de Macédoine du Nord' ont été adoptés par les 81 députés présents lors du vote, cela ne représente qu’une voix de plus que la majorité qualifiée des deux tiers - 80 sur 120 députés – qui était nécessaire.
Un vote que la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et M. Hahn, ont qualifié d'« étape cruciale dans la mise en œuvre de l'accord historique de Prespa ». « Les dirigeants politiques et les citoyens ont montré leur détermination à saisir cette occasion unique et historique de résoudre l'un des plus anciens conflits de la région et à avancer résolument sur la voie de l'Union européenne », ont-ils ajouté.
Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a félicité le Premier ministre macédonien, Zoran Zaev, pour le vote. « L’OTAN soutient fermement la pleine mise en œuvre de l’accord qui est une contribution importante à une région stable et prospère », a-t-il précisé. (Camille-Cerise Gessant)