Le parti français d’extrême droite, le Rassemblement national (RN), est officiellement entré en campagne, dimanche 13 janvier. Lors d’un meeting à Paris, il a dévoilé les 12 premiers candidats de sa liste, menée par Jordan Bardella (EUROPE 12166), pour les élections européennes du 26 mai prochain. Son enjeu principal ? Battre le président Emmanuel Macron lors de ce scrutin que le parti entrevoit comme une « réplique de l’élection présidentielle de 2017 ».
Confortée par les sondages, qui donnent le RN gagnant, ainsi que par la crise des « gilets jaunes » qui pourrait lui être favorable, Marine Le Pen s’en est pris ouvertement à celui qu’elle surnomme « le locataire barricadé à l’Élysée » ou encore qu’elle qualifie de « président dérangeant dans ses attitudes, inquiétant dans ses comportements, incompétent dans ses fonctions ».
« Le soir du dimanche 26 mai, je veux que Castaner ait les larmes aux yeux en voyant arriver les résultats des bureaux de vote au Ministère de l’Intérieur [...] je veux que Griveaux cherche ses mots sur les plateaux télé pour minimiser la raclée [...] je veux que Macron, mais aussi Juncker et Merkel comprennent que c’est fini et que les peuples sont de retour ! », a pour sa part lancé Jordan Bardella.
Le parti ambitionne donc de faire des élections européennes un référendum sur la politique du président. « Pour les électeurs, l’enjeu sera clair : il s’agira de battre Macron », a affirmé Marine Le Pen. Plus encore, pour elle, cette élection est l’occasion de « prendre Macron sur les deux fronts : en France et en Europe ».
Elle a ainsi réitéré son projet de « passer tranquillement de l’Union européenne à l’Alliance européenne des Nations, selon un calendrier séquencé, qui verra la reconquête de la souveraineté de nos frontières, de notre souveraineté législative, budgétaire et, pour finir, monétaire » (EUROPE 12136).
Pour incarner ce « grand basculement politique », le RN a notamment choisi l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Thierry Mariani, l’essayiste Hervé Juvin, le magistrat Jean-Paul Garraud ainsi que plusieurs eurodéputés sortants tels que Dominique Bilde, Nicolas Bay ou encore Gilles Lebreton. Figure aussi sur la liste l'ancienne assistante parlementaire de Marine Le Pen, Catherine Griset, soupçonnée d'avoir occupé un emploi fictif au Parlement européen. (Marion Fontana)