Réunis pour la première fois en trente ans d'existence du groupe GUE/NGL au Parlement européen, les leaders et hauts représentants des différents partis membres ont décidé de maintenir inchangés le nom et la structure confédérale et ouverte du groupe, mardi 6 et mercredi 7 novembre à Bruxelles.
Certains partis, considérés comme les plus réformistes, à l’instar de l'Allemand Die Linke ou de la coalition grecque Syriza, étaient en effet en faveur d’une rationalisation de la structure, afin de mieux prioriser et coordonner les actions et dossiers politiques, et d’abandonner éventuellement la prise de décision par consensus au profit d'une prise de décision à la majorité.
Mais plusieurs partis - notamment le très antieuropéen parti danois Alliance rouge-verte ou encore le Parti communiste portugais (Partido comunista português ou PCP) - ont insisté pour garder la structure confédérale dans un souci de préservation de l’autonomie des partis. Le PCP aurait mentionné l'éventualité de donner un droit de véto aux partis membres.
Le nom du groupe resterait aussi inchangé. Sur ce point, plusieurs partis, principalement membres du Parti de la gauche européenne (PGE), auraient néanmoins émis le souhait de changer le nom pour le simplifier, par exemple de la manière suivante : le Groupe de gauche (The Left Group).
Mais d'autres formations, comme le Parti danois, auraient insisté pour garder la mention de la Gauche verte nordique (Nordic green left), toujours afin de préserver leur entière souveraineté politique.
La question de la création d’un nouveau groupe de gauche radicale au sein du prochain Parlement européen, qui viendrait faire concurrence à la GUE/NGL, ne serait pas à l’ordre du jour, contrairement à ce qu'aurait laissé penser un temps le lancement du mouvement Maintenant le peuple ! (EUROPE 12050) et la stratégie nationale de certains de ses fondateurs.
Le Portugais Bloco de esquerda, initiateur du mouvement aux côtés de l'Espagnol Podemos et de La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, aurait ainsi exprimé sa volonté de rester au sein de la GUE/NGL, et de garder ce groupe comme « base » politique de la gauche radicale. La France insoumise aurait toutefois insisté sur la nécessité de clarifier la position de la GUE/NGL, pour marquer une rupture totale avec les traités européens. Une position que ne partageraient ni Die Linke ni Syriza.
La coalition Syriza, à ce titre, a tenu le discours le plus « social-démocrate compatible », selon certains observateurs, en énonçant la possibilité d’ouvrir un front progressiste jusqu’au rang des libéraux pour contrecarrer l’avancée des forces d’extrême droite, reprenant la proposition portée dans ses rangs par le Grec Dimitrios Papadimoulis (EUROPE 12095).
Le parti irlandais Sinn Féin aurait demandé d’inscrire dans le règlement intérieur le principe selon lequel les oppositions entre partis membres au niveau national ne devaient pas parasiter la vie du groupe politique, à l’instar des tensions en Grèce qui émaillent les relations entre Syriza et l’Unité populaire (qui est très critique vis-à-vis de l’action gouvernementale de Syriza), ou au Portugal entre le Bloco et le PCP.
52e membre du groupe. Ancien membre du groupe S&D, le Français Emmanuel Maurel a été incorporé comme le 52e membre du groupe, après avoir lancé une plateforme de coopération avec le Français Younous Omarjee fin octobre (EUROPE 12124).
Gabriele Zimmer laisse la main. En ouverture de la réunion, la présidente du groupe, l'Allemande Gabriele Zimmer a confirmé qu'elle ne se représenterait pas aux élections européennes de mai 2019. À la tête du groupe depuis mars 2012, elle est députée européenne depuis 2004. (Pascal Hansens)