À l’occasion d’un débat thématique au Parlement européen sur un revenu minimum en Europe, mercredi 3 octobre, demandé par Laura Agea (ELDD, italienne), les députés se sont opposés sur la manière de lutter contre la pauvreté, certains plaidant pour un revenu minimum européen, d’autres pour un salaire minimum.
Le débat a semblé porter sur des concepts différents et le clivage s'est révélé ici plutôt idéologique que géographique (avec certaines exceptions), les députés se situant à gauche de l’échiquier politique se prononçant plutôt en faveur d’un revenu minimum non conditionné tandis que les députés centristes et de droite ont préféré parler d’un salaire minimum.
Pour les premiers, un revenu minimum constitue un moyen efficace pour lutter contre les poches de pauvreté et répond aux principes énoncés dans le cadre du socle européen des droits sociaux, adopté en novembre 2017. Pour les seconds, le revenu minimum constitue un « piège », s’il n’est pas associé à une politique d’insertion ou à un effort. « J’entends beaucoup parler de revenu d’inactivité, je voudrais qu’on parle de revenu d’activité », a lancé, par exemple, Geoffroy Didier (PPE, français).
Ce dernier a proposé de conditionner les fonds structurels et d’investissement à une politique salariale nationale saine, forçant certains États membres à ne pas organiser le dumping social en fixant un salaire minimum trop bas. D’autres députés, à l’instar du député français, Patrick Le Hyaric (GUE/NGL), ont demandé à la Commission de présenter une directive-cadre pour garantir un travail décent.
Certains députés, à l’instar de Lampros Fountoulis (NI, grec), ont craint qu’un revenu minimum provoque un « appel d’air » pour les migrants.
La question d’un revenu minimum est particulièrement d’actualité, si l'on tient compte de la volonté affichée en Italie par le vice-président du Conseil chargé des politiques sociales, Luigi Di Maio, d’introduire un revenu de base citoyen. Pour rappel, la question d'un revenu minimum avait déjà occupé les députés en 2016 avec le rapport d’initiative de Tamás Meszerics (Verts/ALE, hongrois) (EUROPE 11533). (Pascal Hansens)