Le Premier ministre estonien, Jüri Ratas, a tenu, mercredi 3 octobre, lors d’une intervention face aux députés européens réunis en session plénière à Strasbourg, un discours résolument pro-européen en plaidant pour une coopération et un approfondissement de l’UE pour renforcer le sentiment européen.
Le chef du gouvernement estonien a ouvert son discours en faisant référence au passé soviétique de son pays pour expliquer l’attachement de ce dernier à l’Union européenne, avant de faire référence à une citation du chanteur Bono, à l’image de la suite de son discours : « l’Europe n’est pas qu’une idée, mais aussi un sentiment et un destin ».
Son propos s’est ensuite essentiellement concentré sur sa vision de l’UE sans que beaucoup de points substantiels sur des actions précises ne soient abordés.
Le Premier ministre estonien a fait part de son désir de maintenir une « Union européenne unie et progressiste […], seule façon de pouvoir configurer » l’avenir. Cette vision doit passer, d’après lui, par des réponses « aux grands défis de notre temps ».
M. Ratas a ainsi plaidé pour un accord pour un « cadre financier pluriannuel [CFP 2021-2027] ambitieux qui reflète ces défis », le CFP étant le « meilleur indicateur » de l’ambition de l’UE. Ce, alors que les discussions se poursuivent concernant ce CFP post-2020 (EUROPE 12098, 12107).
Au volet migratoire, le Premier ministre estonien s’est exprimé en faveur de solutions de long terme, en travaillant de concert avec les pays d’émigration pour réduire les migrations illégales. Pour rappel, les chefs d’État ou de gouvernement ont notamment abordé cette question lors de leur réunion informelle à Salzbourg les 19 et 20 septembre (EUROPE 12100).
M. Ratas a également évoqué une question chère à l’Estonie : le développement du numérique et de l’intelligence artificielle. Ce point a notamment été salué par Manfred Weber (PPE, allemand), l’Estonie étant avancée en termes de développement du numérique. « Il est grand temps de parachever le marché unique numérique », a ainsi déclaré M. Ratas.
Dans une volonté d’approfondissement de l’Union, il a par ailleurs salué « l’accroissement de la coopération en matière de défense », faisant ainsi notamment référence à la coopération structurée permanente (CSP) (EUROPE 12051, 12085). Guy Verhofstadt (ADLE, belge) a profité de cette déclaration pour rappeler qu’il souhaite « développer une véritable communauté européenne de la défense ».
Enfin, M. Ratas a pointé le besoin de communiquer sur l’action de l’Union auprès des citoyens afin de lutter contre le populisme. « Les futures élections du Parlement européen nous donnent une occasion en or d’expliquer nos décisions », a-t-il affirmé.
Les députés europhiles ont par ailleurs salué l’action de l’Estonie lors de sa présidence du Conseil de l’Union européenne, au second semestre 2017, alors que les forces eurosceptiques ont émis des critiques à l’égard des actions de l’UE. (Lucas Tripoteau)