Attendu le 8 octobre, le rapport spécial du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) sur ce que représente l’objectif de 1,5°C contenu dans l’Accord de Paris devrait constituer un appel au sursaut pour l’UE, ont souligné, jeudi 27 septembre, le professeur Bert Metz, ancien membre du GIEC, et l’eurodéputé néerlandais Bas Eickhout (VertsALE).
« Nous sommes loin de ce qui est requis. Les émissions continuent d’augmenter. Pour l’objectif de 2 degrés, les émissions doivent être réduites rapidement à partir de 2020, et pour 1,5°, encore plus rapidement », a déclaré à la presse européenne le professeur Metz, citant le principal enseignement du rapport.
« Ce rapport a été demandé par tous les gouvernements dans le cadre de l’Accord de Paris », a rappelé Bas Eickhout. Selon lui, les deux messages politiques importants sont que les impacts des changements climatiques diffèrent radicalement selon que l’on sera nettement en dessous de 2° ou de 1,5° et que « 1,5° est un objectif réalisable, mais nécessitant d'agir rapidement pour parvenir à des émissions négatives dans la deuxième moitié du siècle ».
« Nous devons parvenir à zéro émission nette bien avant 2050. Il est bien plus sûr et moins onéreux de réduire les émissions de CO2 là où c'est possible que de tabler sur des technologies futures sans certitude. C’est très important pour les voitures, car l’industrie essaie de différer l’action », a prévenu l’eurodéputé, en vue du « vote crucial » du PE, le 3 octobre (voir autres nouvelles).
Ce rapport devrait montrer que : les NDCs sur la table conduisent à 3°C ou plus ; les risques auxquels s’attendre sont significativement moindres à 1,5° qu’à 2°, y compris dans l’UE ; 1,5° implique d’être à zéro émission nette au niveau mondial d’ici 2055-2070 et, pour l’UE et les autres pays industrialisés, à zéro émission nette d’ici à 2050 ; l'objectif de 1,5° peut être atteint, mais implique des changements radicaux dans les politiques actuelles (énergies renouvelables, efficacité énergétique, électrification, élimination du charbon, capture du carbone) ; une partie de la solution serait de retirer du CO2 de l’atmosphère, mais les technologies disponibles sont rares ; 1,5° permettrait d'atteindre plus facilement les objectifs universels de développement durable. (Aminata Niang)