Le processus de ratification de l’accord de partenariat économique avec le Japon, signé le 17 juillet (EUROPE 12064), suit son cours au Parlement européen.
Ce jeudi 27 septembre, les parlementaires de la commission du commerce international (INTA) se sont penchés une nouvelle fois sur l’accord de libre-échange (ALE) UE/Japon lors de la présentation du projet de résolution du PE.
Dans son rapport, Pedro Silva Pereira (S&D, portugais) recommande au Parlement de donner son consentement à la ratification de l’accord, invoquant l’importance stratégique de l’ALE dans un environnement global tourmenté. L’eurodéputé socialiste a également souligné que l’accord permettait la promotion des valeurs et standards européens dans la région d’Asie-Pacifique, insistant sur son impact économique majeur.
Finalement, M. Silva Pereira a défendu un accord « plutôt équilibré ». « Franchement, les secteurs les plus sensibles lors des négociations, ceux de l’agriculture, de l'automobile, du secteur ferroviaire, tous se sont prononcés en faveur du résultat final », a remarqué le député portugais.
De par son inclusion des sujets de développement durable et de climat, « cet accord est clairement un 'CETA+' », a-t-il conclu, en référence à l'accord commercial avec le Canada.
Lors du débat, les eurodéputés du PPE, du CRE et de l’ALDE ont globalement appuyé le texte du rapporteur. Ils ont été rejoints par la députée Tiziana Beghin (ELDD, italienne).
À gauche, Emmanuel Maurel (S&D, français) s'est toutefois inquiété de ce que les tensions commerciales avec les États-Unis dictent un blanc-seing pour cette ratification. L’écologiste allemand Klaus Buchner a demandé à la Commission européenne de retourner à la table des négociations pour ajouter au chapitre du développement durable de l’accord un mécanisme contraignant. La protection du droit de réglementer dans les services, ainsi que la protection contre le commerce illégal du bois est, d’après lui, également insuffisamment garantie.
D’autres députés, tels Helmut Scholz (GUE/NGL, allemand) ou Marie Arena (S&D, belge), ont renchéri, arguant que les négociateurs européens s’étaient montrés trop timides dans ces aspects de la négociation. (Hermine Donceel)