Le volet 'mobilité' du programme Erasmus+ a de nombreuses retombées positives, même s'il pourrait encore être amélioré à travers des procédures de candidature plus simples et de meilleurs indicateurs de performance. C'est le constat que tire la Cour des comptes de l'UE, dans son rapport spécial publié dans 23 langues, jeudi 6 septembre.
Erasmus+, qui est doté d'un budget de 16,45 milliards d'euros pour la période 2014-2020, soutient les domaines de l'éducation et de la formation, de la jeunesse et du sport. Le rapport s'intéresse tout particulièrement à l'action clé n° 1, qui concerne la mobilité des apprenants et du personnel dans l'enseignement supérieur, l'enseignement et la formation professionnels et l'éducation des adultes ainsi que du personnel dans l'enseignement scolaire et des jeunes. Cette action soutient également les masters communs Erasmus Mundus et les prêts pour masters Erasmus+.
La principale observation de la Cour des comptes porte sur l'évaluation du programme. Les auditeurs estiment en effet que les indicateurs utilisés pour mesurer la performance du programme ne sont pas suffisamment alignés sur ses objectifs. Ils recommandent de « développer davantage les indicateurs permettant de mesurer le degré de réalisation des objectifs généraux et spécifiques du programme et de donner la priorité à la performance lors de l'affectation des fonds ».
Échec du mécanisme de garantie des prêts
Autre constatation : les auditeurs estiment que le mécanisme de garantie des prêts ne fonctionne pas. Ce système, longuement négocié à l'époque par les colégislateurs, donne des garanties partielles aux intermédiaires financiers concernant les prêts octroyés 'aux conditions les plus favorables possible' aux étudiants entreprenant des études de deuxième cycle, telles qu'un diplôme de master dans un autre pays participant au programme. Comme le rappelle la Cour, l'objectif était de fournir 3 milliards d'euros de prêts à 200 000 étudiants en master d'ici à 2020. Or, fin 2017, ce système fonctionnait grâce à un intermédiaire unique en France, en Turquie (étudiants sortants uniquement) et en Espagne (étudiants entrants et sortants) seulement. À cette date, seuls 358 étudiants en master avaient reçu un prêt de ce type.
Selon le rapport, l'une des raisons du manque d'intérêt des intermédiaires financiers pourrait être que le règlement n'est pas assez souple en ce qui concerne la protection des emprunteurs et ne tient pas suffisamment compte des pratiques de marché courantes. En outre, le mécanisme n'est destiné qu'à une population cible restreinte (les étudiants en master), ce qui exclut une grande partie des étudiants et limite encore davantage l'intérêt des intermédiaires financiers. Dès lors, les auditeurs recommandent de faire en sorte que le mécanisme de garantie de prêts aux étudiants s'applique également aux doctorants et aux étudiants de premier cycle.
Diverses recommandations
Le rapport avance toute une série de recommandations, parmi lesquelles : étendre Erasmus+ Mobilité aux élèves et envisager d'assouplir les conditions applicables aux étudiants en doctorat ; étudier la possibilité de rétablir le financement de l'enseignement traditionnel des langues en classe ; simplifier encore le système afin de réduire la charge administrative, tout en améliorant les outils informatiques. Le texte du rapport peut être consulté à la page : https://bit.ly/2Qa4iEs. (Sophie Petitjean)