Un membre du département d’État américain a estimé, mercredi 5 septembre, que les Européens devraient adopter de nouvelles sanctions à l'égard de l’Iran, en raison notamment de son influence régionale jugée néfaste.
Les États-Unis ont réintroduit de nouvelles sanctions contre Téhéran après avoir quitté l’accord sur le nucléaire. Ils comptent faire montrer la pression jusqu’à ce que les Iraniens acceptent de négocier un nouvel accord global.
« L'UE convient qu'elle doit répondre aux activités malveillantes de l'Iran en ce qui concerne le parrainage du terrorisme, les tentatives d'assassinats, les atrocités en matière de droits de l'homme, etc. Nous cherchons des moyens d'y travailler et essayons de voir quelles réponses les Européens ont en tête », a expliqué ce représentant du Département d’État à la presse. Avant d’ajouter : « Si vous voulez répondre, vous devriez répondre. Parler n'est pas une réponse, c'est juste de l'air. Les mots ne sont que de l'air. »
L’UE a déjà organisé plusieurs réunions politiques avec l’Iran, notamment sur le Yémen ou sur les droits de l’homme, sans résultat concret jusqu’à présent.
Interrogé sur la Loi de blocage de l’UE, mise en place pour contrer l’effet extraterritorial des sanctions américaines visant l'Iran (EUROPE 12077), ce fonctionnaire s’est montré sévère.
« Le statut de blocage [...] n'est d'aucune utilité », a-t-il souligné, avant de faire une comparaison avec les États-Unis. « Nous ne disons pas aux entreprises ce qu'elles doivent faire [...]. Nous avons le droit souverain de refuser l'accès à notre système financier aux entreprises qui font affaire avec notre ennemi. C'est notre dollar et nous avons le droit souverain de décider qui peut négocier en dollars », a-t-il expliqué. Et selon lui, la Loi de blocage « prive les entreprises européennes du droit de faire un choix : ‘Voulons-nous maintenir des relations avec l'Iran ? Et si la réponse est ‘Nous voulons entretenir des relations avec les États-Unis’, je ne pense pas que les États-Unis devraient être punis pour cela par l'UE ».
De par l’effet extraterritorial de ses mesures, Washington laisse en réalité peu de marge de manœuvre aux entreprises étrangères qui, si elles continuent à commercer avec l’Iran, encourent de lourdes sanctions.
Nord Stream II en question
Le fonctionnaire américain est aussi revenu sur les sanctions à l'encontre de la Russie. Selon lui, il y a une « énorme coopération transatlantique en matière de sanctions à l'encontre de la Russie ». « Nous travaillons avec les alliés européens pour faire en sorte que les menaces russes soient traitées de manière unifiée. La clé est de maintenir la coopération transatlantique », a-t-il insisté.
Les Américains s’inquiètent d’un risque de désunion des Européens. Ils devraient, de leur côté, dans les prochaines semaines, renforcer leurs sanctions à l’encontre de Moscou. « Nous constatons que la menace mondiale que représente la Russie augmente », a rappelé ce représentant.
Des mesures pourraient aussi être prises contre des projets énergétiques, et le projet Nord Stream II ou les entreprises qui y participent pourraient être concernés. « La position de l'Administration est claire. Nous nous opposons au gazoduc Nord Stream II. La Russie a prouvé qu'elle utilise l'énergie comme une arme et nous pensons que l'impact de Nord Stream II contribuera à déstabiliser l'Ukraine. Cela amputera d'au moins deux milliards de dollars le budget du gouvernement ukrainien », a-t-il expliqué. (Camille-Cerise Gessant)