Alors que les ministres européens des Finances se retrouveront samedi pour discuter des propositions de la Commission en matière de taxation du secteur numérique (EUROPE 12089), la position allemande à ce sujet est de plus en plus floue.
Jeudi 6 septembre, c’est le ministre français Bruno Le Maire qui a pris la parole pour défendre le soutien de Berlin à la proposition de la Commission, après la publication polémique d'un article du quotidien allemand Bild, affirmant que le Ministère allemand des Finances s’opposerait finalement à l'introduction d'une taxation des géants de l’Internet. Le contenu de l'article a été démenti dans la foulée par un porte-parole du ministère.
Interrogé sur la chaîne France 2 quant à un possible retournement de veste de l’Allemagne, Bruno Le Maire s'est voulu rassurant. « Les Allemands nous accompagnent depuis le début pour arriver à une juste taxation des gens du numérique, je suis convaincu qu’ils seront aussi avec nous à la fin », a-t-il déclaré.
Selon une source diplomatique, l'Allemagne serait en effet d'accord sur les grandes lignes politiques des propositions, mais tiraillée par des débats en interne.
Du côté du PE, le ton se durcit. Dans un communiqué publié mercredi, des députés européens Verts/ALE, la Française Eva Joly et l’Allemand Sven Giegold, ont fustigé l’attitude d'Olaf Scholz qui « semble perdre tout sens de la justice fiscale ».
M. Le Maire, qui n'abandonne pas tout espoir d'avoir un accord d'ici la fin de l'année, a appelé à une « prise de conscience » des ministres européens des Finances et surtout à une décision rapide.
Selon cette même source, les travaux au niveau technique sur la proposition de la Commission progressent bien et une discussion constructive est attendue samedi. « La question n'est pas si on le fait, mais comment on le fait » a-t-elle expliqué.
Les positions seraient en effet en train d'évoluer. Les défenseurs d'une solution internationale au niveau du 'G20' seraient maintenant prêts à examiner certains paramètres, mis à part l'Irlande qui garde une opposition de principe, vue par certains comme une possible monnaie d'échange dans les discussions sur le Brexit.
À cet égard, le soutien affiché de l'Allemagne est crucial pour la France et serait à même de changer la dynamique pour pouvoir, peut-être, convaincre les derniers réfractaires. (Marion Fontana)