Jana Hainsworth, présidente de Social Platform, un réseau européen d’une cinquantaine d’ONG en faveur d'une Europe plus sociale, a dressé un compte-rendu, publié mardi 24 juillet, peu enthousiaste de la réunion informelle sur les affaires sociales qui s’est tenue à Vienne la semaine dernière, constatant une Présidence autrichienne du Conseil de l’UE et des États membres peu enclins à développer la dimension sociale de l'UE.
« L’arrière-plan de la réunion est une Présidence autrichienne réticente à mener un agenda plus social pour l’Europe », rapporte ainsi la présidente dans son résumé de la réunion informelle qui s’est tenue le 17 et 18 juillet derniers et qui était consacrée à l’incidence de la numérisation et de la robotisation de l’économie sur les conditions de travail (EUROPE 12065).
Mme Hainsworth constate que les États membres n’ont pas été très allants non plus sur la question, soulignant que les échanges n’ont porté sur aucune proposition législative européenne en particulier, bien que la Commission européenne ait fait mention des recommandations pour améliorer l’accès à la protection sociale. Elle indique à ce titre avoir fait part de son regret quant à l’absence d’un texte législatif contraignant.
Durant le déjeuner du premier jour consacré au futur Fonds social européen+, plusieurs États membres auraient insisté sur un « resserrement » budgétaire (‘budget tightening’) et sur la suppression du fléchage budgétaire en faveur de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale prévu dans la proposition de la Commission européenne (EUROPE 12030) afin de laisser une plus grande marge de manœuvre aux États membres dans les priorités, au grand dam de l’organisation.
Sur la question des plates-formes numériques, la présidente note un ton « plus optimiste » (‘more upbeat’) que le sien quant à l’avenir et aurait constaté « peu d'appétence générale » à plus de réglementation au niveau de l’Union.
Pourtant, selon un document et les informations obtenues par EUROPE, lors d’un vote des délégations sur un questionnaire de la Présidence autrichienne, 66 % des délégations se seraient dites favorables à une action législative européenne (EUROPE 12068). (Pascal Hansens)