Sans la comptabilisation des contributions locales et régionales en termes de réduction d'émissions de gaz à effet de serre et sans l'implication formelle des gouvernements locaux et régionaux dans la gouvernance climat, impossible de mettre correctement en œuvre l'Accord de Paris, estime le Comité européen des Régions (CdR).
En vue de la COP24 de Katowice (Pologne, 3-14 décembre), cet organe de l’UE l’a dit à l’occasion d’un débat, jeudi 5 juillet, sur la gouvernance en matière de climat après 2020 dans une perspective européenne et mondiale, et d’un avis adopté dans la foulée sur la base du rapport préparé par Andrew Cooper (AE, britannique) en tant que contribution à la COP24 (EUROPE 12047).
Selon le CdR, l’enjeu est double. Il s’agit, d’une part, de combler l’écart entre les contributions déterminées au niveau national (NDC), actuellement sur la table de l’ONU, et les efforts requis pour satisfaire aux exigences de l’Accord de Paris sur le climat - maintenir le réchauffement mondial moyen bien en deçà de 2 degrés C par rapport au niveau préindustriel et poursuivre les efforts pour 1,5 °C.
Il convient, d’autre part, de remédier au paradoxe selon lequel les autorités locales et régionales sont exclues de la table des négociations et du processus décisionnel à l'ONU, alors qu'elles mettent en place entre 70 % et 90 % des mesures pour concrétiser les objectifs législatifs climatiques de l’UE.
« Sur le front du climat, l’UE continue de faire preuve de leadership, mais à moins que nous nous fixions des objectifs plus ambitieux, que nous fassions davantage d’investissements locaux et que nous opérions un changement fondamental dans la gouvernance climatique, nous ne respecterons pas nos promesses de Paris », a prévenu le président du CdR, Karl-Heinz Lambertz.
Le CdR veut l’implication officielle des villes et des régions, à la fois dans les plans de gouvernance climat, et à l’ONU, dans le cadre de la Convention-cadre sur les changements climatiques (UNFCCC).
« Il est temps de reconnaître la gouvernance multiniveaux et de formaliser le rôle des autorités locales et régionales dans la gouvernance mondiale. Les NDC ne permettent pas d'atteindre les objectifs de température de l'Accord de Paris. Nous proposons un système de contributions déterminées au niveau national et régional pour compléter les engagements nationaux », a résumé M. Cooper.
Ce qu'il souhaite, c'est la création d'un système d'inventaire des émissions et de contrôle des progrès au sein des NDC ou au sein d'un système des Nations Unies.
À l’échelle de l’UE, l’accord interinstitutionnel trouvé sur la gouvernance prévoit un dialogue multiniveaux, ce dont le CdR se félicite. Au niveau de l'ONU, le CdR se dit prêt à s'engager dans des pourparlers avec l'UNFCCC.
Au cours du débat, le commissaire européen à l’Action pour le climat et l’Énergie, Miguel Arias Cañete, a assuré que, via ce dialogue sur le climat et l'énergie que « les États membres sont tenus d'organiser pour élaborer leurs plans nationaux », les villes et les régions auront une possibilité réelle de participer à ces plans dont un projet doit être présenté par les États membres le 31 décembre prochain avant la version définitive, attendue le 31 décembre 2019.
« C'est une opportunité pour les autorités locales et régionales d'influer sur le développement de l'Union de l'énergie », a estimé le commissaire.
M. Cañete a assuré qu'à Katowice, il informera quotidiennement la délégation du CdR des progrès dans les négociations. (Aminata Niang)