Le Parlement européen a appelé à « la suspension immédiate » de l'organisation des élections présidentielles anticipées au Venezuela, prévues pour dimanche 20 mai, « jusqu’à ce que les conditions caractérisant des élections crédibles, transparentes et ouvertes soient réunies », dans une résolution adoptée jeudi 3 mai.
Les députés réclament un calendrier électoral « réaliste » et des conditions de participation « identiques pour tous, équitables et transparentes » qui permettent la candidature de personnalités politiques issues des rangs de l'opposition.
Si les élections présidentielles vénézuéliennes - qui devraient aboutir à la réélection du président Maduro - ne répondent pas aux normes démocratiques, le Parlement européen « ne reconnaîtra pas les élections découlant de ce processus illégitime ». Il demande, à cet égard, à l’Union européenne et à l’Organisation des États américains « d’agir de manière coordonnée ».
La décision d'organiser des élections qui n'associent pas toutes les forces politiques du pays « ne fera qu'exacerber la polarisation et la tension, et elle créera plus d'obstacles à une solution politique », avait estimé la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, la veille, lors d'un débat en session plénière.
La vice-présidente de la Commission a rappelé que, dans ces conditions, l'UE n'enverra pas de mission d'observation électorale qui cautionnerait la tenue des élections (EUROPE 11999). Et d'ajouter que les Vingt-huit réévalueraient la situation au Venezuela après les élections et qu'ils envisageraient « la possibilité de prendre de nouvelles mesures appropriées afin de réagir à toute action qui minerait la démocratie, l'État de droit et les droits de l'homme dans le pays ». (Mathieu Bion)