La réduction « modérée » des crédits agricoles sur la période 2021-2027, proposée le 2 mai, a reçu une levée de bois verts dans les milieux concernés (EUROPE 12013).
Le ministère français de l’Agriculture a déploré pour ce secteur une « baisse drastique, massive et aveugle » et des mesures « inacceptables ». Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont fait part de leur « vive déception ». Elles avaient plaidé contre toute réduction des dépenses de la PAC en termes réels.
Czesław Adam Siekierski (PPE, polonais), président de la commission agriculture du PE, a jugé « disproportionnées » les réductions envisagées.
Les jeunes agriculteurs (CEJA) se disent déçus, de même que les entrepreneurs de travaux agricoles et forestiers (CEETTAR).
Le président du Comité économique et social européen, Luca Jahier, s’est opposé à l’obligation de « choisir entre les priorités plus récentes et plus anciennes ». Le président du Comité des régions, Karl-Heinz Lambertz, a souligné que « le pilier du développement rural pourrait être réduit de près de 15 % ».
Le Bureau européen de l’environnement (EEB) a critiqué une proposition budgétaire qui « défend le statu quo où des milliards sont versés pour des paiements qui soutiennent un modèle agricole destructeur pour l'environnement ».
Pour Phil Hogan, commissaire à l’Agriculture, le résultat (baisse de 5 %) serait « très équitable pour les agriculteurs », compte tenu du trou de 12 milliards € que laissera le Brexit dans le budget, et des autres priorités de l'UE (migration, défense).
Les paiements directs seront réduits de maximum 3,9 %, a-t-il promis. En outre, au niveau individuel, avec le plafonnement obligatoire des aides à 60 000 € et les paiements redistributifs, « l’impact de ces coupes sera plus faible pour les petits et moyens agriculteurs ».
De plus, pour les pays dont les paiements sont inférieurs à la moyenne communautaire, il sera proposé de réduire ces écarts de 90 % au titre de la convergence externe, opération qui sera financée par tous les États membres et qui se traduira pour ceux qui en bénéficieront par une augmentation ou une moindre réduction des aides directes. Les enveloppes nationales baisseront de 3,9 % dans seize États membres, à un degré moindre dans six et augmenteront dans cinq. (Lionel Changeur)