L’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) a lancé, mardi 24 avril, une vaste campagne de sensibilisation auprès des entreprises et travailleurs sur l’usage de substances dangereuses sur 2 ans.
« Les substances chimiques et biologiques sont présentes dans au moins 40 % des entreprises en Europe, et 17 % des travailleurs ont indiqué être en contact avec les substances chimiques durant au moins 15 % du temps travaillé », a déclaré Christa Sedlatschek, directrice exécutive de l’EU-OSHA détaillant une étude de l’agence devant les journalistes.
Or, les risques sont souvent sous-estimés, voire ignorés, a-t-elle poursuivi, indiquant que la nocivité potentielle de certaines substances, à l’instar de la farine, est souvent moins connue. Par ailleurs, les jeunes travailleurs et les migrants sont plus exposés selon Mme Sedlatschek. Chaque année, 120 000 personnes développeraient un cancer professionnel et 80 000 en décèderaient.
Partant, l’EU-OSHA lance ainsi une vaste campagne de sensibilisation, notamment par le biais d'un site interne traduit dans les 23 langues de l’UE, et un outil en ligne (pour l’instant seulement en anglais) visant à aider à gérer efficacement les substances dangereuses sur le lieu de travail. Une version sera développée sous peu pour l’Autriche, l’Estonie et la Roumanie. En outre, une base de données a été constituée qui rassemble des documents d’orientation concrets utilisés dans 11 États membres, avec des études de cas, des infographies.
Le budget de cette campagne est estimé à 2,1 millions d’euros pour 2018 et un peu moins pour 2019, a expliqué la directrice, indiquant que les 13 États membres participants investissent à des degrés divers dans cette campagne.
Directive sur les substances cancérigènes et mutagènes
Cette campagne vient s’inscrire dans l’action entreprise par la Commission européenne à l'occasion de la 3e révision en cours de la directive sur l’exposition des travailleurs aux substances cancérigènes et mutagènes (EUROPE 11955). À ce titre, répondant à EUROPE, la commissaire à l’Emploi et aux Affaires sociales, Marianne Thyssen, a indiqué espérer pouvoir présenter une quatrième révision avant la fin du mandat. (Pascal Hansens)