Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a prévenu, mardi 24 avril, qu’il ne serait pas aisé pour l’Albanie d’obtenir l’ouverture de négociations d’adhésion à l'UE en juin, malgré la recommandation de la Commission en ce sens.
« Un défi consistera à convaincre tous les États membres, en juin, d'accepter d'entamer des négociations. Je suis conscient que ce processus ressemblera plus à une course de haies qu'à une autoroute », a-t-il expliqué, lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre albanais, Edi Rama, à Tirana. Certains pays de l’UE estiment que le pays doit encore progresser dans la lutte contre le crime organisé et en matière de demandes d’asile injustifiées.
« Ce que vous avez fait est suffisant pour ouvrir les négociations d'adhésion. Sans aucun doute. Ce n'est pas seulement la substance de la recommandation de la Commission européenne. C'est aussi mon opinion », a estimé M. Tusk. Cependant, il a rappelé que le pays devait encore travailler concernant « l’État de droit, la lutte contre le crime organisé et une réforme ambitieuse du système judiciaire ». Mais déjà, l’UE est « de loin le plus grand investisseur, le plus grand donateur et le plus grand partenaire commercial de toute la région », a souligné M. Tusk. « 78 % des exportations albanaises sont destinées à l'UE », a-t-il vanté, ajoutant que 14 % allaient vers les pays de la région, 3 % vers la Chine, 1 % vers la Turquie et 0 % vers la Russie, comme pour rappeler que l’UE, et non ces autres grandes puissances impliquées dans la région, était le partenaire naturel de l’Albanie.
De manière générale, M. Tusk a rappelé que l’UE et les Balkans occidentaux devaient aller de pair. « Je suis traditionnellement très prudent, mais je peux dire que je suis un optimiste quand il s'agit de cette perspective (d'adhésion) à long terme et un optimiste prudent quand il s'agit de perspective à court terme, mais toujours optimiste », a-t-il révélé.
Le président du Conseil, en visite dans la région, en amont du sommet de Sofia du 17 mai, a rappelé que ce sommet rappellerait la perspective européenne des Balkans occidentaux, mais devrait aussi définir les moyens d'améliorer les connexions – humaines, numériques et d’infrastructures - avec et dans la région et permettre de discuter des défis communs de sécurité, tels que le trafic de migrants, le terrorisme et le crime organisé. (Camille-Cerise Gessant)