Après 2020, les dotations à la Politique agricole commune (PAC) et à la politique de cohésion devraient être réduites à 60 % du total des dépenses de l'Union européenne, alors que ces deux politiques traditionnelles mobilisent actuellement près de 75 % du cadre financier pluriannuel (CFP) actuel.
L'agriculture et la cohésion représenteront « environ 60 %, 61 % » des dépenses de l'UE et le reste servira notamment à financer les programmes de mobilité des jeunes (Erasmus+), le défi migratoire ainsi que la recherche et l'innovation, a déclaré le commissaire européen au Budget, Günther Oettinger, mardi 13 mars, lors d'un débat sur le budget de l'UE post-2020.
M. Oettinger a rappelé quelques grandes lignes sous-tendant la proposition de CFP sur sept ans que la Commission présentera mercredi 2 mai. Le trou budgétaire d'environ 12 milliards d'euros annuels découlant de la sortie du Royaume-Uni de l'UE sera comblé à parts égales par de l'argent frais et des économies. Le financement des nouveaux défis européens (mobilité, innovation, sécurité, migration) sera assuré à hauteur de 80 % par de l'argent frais et de 20 % par des réaffectations budgétaires. À la faveur du Brexit, la Commission devrait, comme le souhaite le PE, mettre fin aux divers rabais dont bénéficient certains États membres.
Mercredi, le Parlement européen arrêtera sa position sur le CFP post-2020, y compris sur la création de nouvelles ressources propres (EUROPE 11967). Plus de 160 amendements aux projets de rapport 'Olbrycht/Thomas' et 'Deprez/Lewandowski' ont été déposés.
Les libéraux estiment exagéré le plafond envisagé des dépenses de l'UE, fixé à 1,3 % du revenu national brut. C'est un « calcul économe » : « l'UE n'a jamais eu autant à faire avec si peu », a au contraire considéré Isabelle Thomas (S&D, française), plaidant pour que 30 % des dépenses de l'UE permettent d'agir contre les dérèglements climatiques.
C'est un peu comme dans un restaurant où l'on connaîtrait le cuisiner et le sommelier, a considéré M. Oettinger, « on peut vouloir tout le menu - par exemple doubler ou tripler la dotation à Erasmus+ - mais à la fin, il faut payer l'addition ». (Mathieu Bion)