La stratégie pour la croissance en Grèce, que le gouvernement grec présentera en avril, constitue « un test majeur de crédibilité » qui donnera le ton des discussions à venir sur la finalisation, mi-août, du 3e plan de sauvetage, a estimé le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, lundi 12 mars à l'issue de la réunion de l'Eurogroupe.
La coalition gouvernementale grecque, emmenée par le mouvement d'extrême gauche Syriza, est déterminée à démontrer que la Grèce sera seul maître à bord une fois qu'elle en aura terminé, mi-août, avec huit années de tutelle financière. Distancée dans les sondages par le parti chrétien-démocrate Nouvelle Démocratie, elle souhaite prendre des mesures qui favorisent l'emploi et soulagent les catégories sociales ayant le plus souffert de la crise, en vue des élections nationales de 2019.
Quoi qu'il arrive, Athènes devra respecter l'objectif d'un excédent budgétaire à hauteur de 3,5 % du PIB plusieurs années après la fin du 3e plan de sauvetage. La surveillance budgétaire post-plan d'aide ne pourra pas s'apparenter à un 4e plan de sauvetage, a martelé plusieurs fois M. Moscovici.
Fin avril à Sofia, l'Eurogroupe discutera du mécanisme en préparation visant à ajuster le remboursement de la dette au niveau de croissance en Grèce. « L'objectif ici est de recalibrer le profil des prêts du fonds FESF pour ajuster les remboursements à venir à la performance en matière de croissance et garantir la durabilité de la dette » publique grecque, a indiqué son président Mário Centeno. Des décisions d'allègement de la dette, à la fin du plan de sauvetage, restent conditionnées à l'adoption de 88 mesures préalables dans le cadre de la 4e et dernière mission de suivi du plan d'aide, a-t-il souligné.
Le fonds de sauvetage permanent de la zone euro, le Mécanisme européen de stabilité, versera une première sous-tranche de 5,7 milliards d'euros à Athènes dans la deuxième quinzaine de mars, conformément aux décisions prises dans le cadre de la 3e mission de suivi (EUROPE 11976). (Mathieu Bion)