Comme annoncé par EUROPE (EUROPE 11965) et comme ils avaient menacé de le faire en octobre 2017, les ministres européens des Affaires étrangères ont demandé, lundi 26 février, à la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, de préparer des mesures ciblées et de renforcer son embargo sur les armes en lien avec la situation « extrêmement grave » en Birmanie, en particulier dans l'État de Rakhine.
Dans ses conclusions, le Conseil invite la Haute Représentante à : - présenter « sans délai » des propositions sur des mesures restrictives ciblées à l'encontre de hauts responsables militaires des forces armées, responsables de violations graves et systématiques des droits de l'homme ; - une autre proposition visant à prolonger l'embargo actuel sur les armes et les équipements utilisés à des fins de répression interne et « des options concrètes en vue de son renforcement ». La coopération concrète en matière de défense va être réduite « au strict minimum », dans le seul but de renforcer les principes démocratiques, le respect des droits de l'homme et l'État de droit.
Le Conseil invite la Commission à intensifier ses relations avec le Myanmar à la lumière des dispositions du règlement ‘Tout sauf les armes’, dont le respect conditionne l’octroi de préférences commerciales. Il attend aussi « avec intérêt » la nouvelle session du dialogue UE/Myanmar sur les droits de l'homme, qui pourrait se tenir le 5 mars.
Le Conseil engage également le gouvernement birman et les forces de sécurité à faire en sorte que la sécurité, l'État de droit et l'obligation de rendre des comptes prévalent dans les États de Rakhine, Kachin et Shan. Ils doivent autoriser la conduite d'enquêtes crédibles et indépendantes sur les allégations de violations graves et systématiques des droits de l'homme signalées, préviennent les ministres, « les auteurs de crimes (devant) être traduits en justice sans délai ».
Les conditions d'un retour volontaire, sûr et digne des personnes déplacées vers leurs lieux d'origine devront être créées. « Pour qu'une réponse durable soit apportée à la crise des Rohingyas, il est essentiel que le HCR joue un rôle majeur dans le cadre du processus de rapatriement des réfugiés et que le gouvernement s'attaque aux causes profondes de cette crise », prévient le Conseil. (Camille-Cerise Gessant)