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Bulletin Quotidien Europe N° 11960
SÉCURITÉ - DÉFENSE / Ue-otan

L’UE ne peut pas se substituer à l’OTAN, prévient M. Soltenberg

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a rappelé, lundi 12 février, que l’UE, qui développe sa défense, ne pouvait pas remplacer l’Alliance.

« L’UE ne peut en aucun cas remplacer l’OTAN », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse à Bruxelles, en amont d’une réunion des ministres de la Défense de l’Alliance, les 14 et 15 février lors de laquelle les relations entre l’UE et l’OTAN et les plans européens en matière de défense feront l’objet de discussions. « Les alliés européens savent que la protection de l’Europe dépend de l’OTAN », a souligné le secrétaire général de l'Alliance, rappelant qu’après le Brexit, 80 % des dépenses de l’OTAN viendraient de pays non membres de l’Union et que trois des quatre groupements tactiques en Pologne et dans les pays baltes seraient sous le commandement d’un pays non UE (États-Unis, Royaume-Uni et Canada).

« Davantage de dépenses et de capacités de défense européenne peuvent renforcer l'OTAN et contribuer à un partage plus équitable des charges. Mais seulement si les efforts de l'UE sont développés en tant que complément et non en tant qu'alternative à l'OTAN », a précisé M. Stoltenberg, insistant sur le fait que cela n’aurait aucun sens pour l’UE et l’OTAN d’être en concurrence. Il a rappelé que la plupart des États membres de l’UE étaient également membres de l’OTAN et que 90 % de la population européenne habitait un de ces pays.

Ainsi, si les deux organisations ne sont pas en concurrence, pour M. Stoltenberg, les efforts de l’UE peuvent renforcer l’OTAN. Selon lui, « en fournissant une défense européenne forte, nous pouvons renforcer le pilier européen au sein de l’OTAN ».

Le secrétaire général a ajouté que les dirigeants de l’UE lui avaient confirmé que l’UE ne voulait pas se substituer à l’Alliance ni être en conflit avec elle, notamment concernant les capacités. De même, interrogé sur la coopération structurée permanente qui permet de développer des projets entre des pays de l’UE, M. Stoltenberg a mis en garde contre la création de nouvelles barrières. « J’espère que l’UE, grâce à la coopération au sein de la CSP, mais aussi avec le Fonds européen de défense, pourra faire face à la fragmentation de l’industrie de défense européenne, ce qui réduit sa compétitivité », a expliqué le secrétaire général. « Si cela est fait dans un sens qui ne crée pas de nouvelles barrières, je salue les efforts pour renforcer l’industrie de la défense, car cela permettra de créer de nouvelles capacités à des coûts moins importants pour tous les alliés », a-t-il ajouté. (Camille-Cerise Gessant)

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