Alarmés par le peu d’engagements des États membres en faveur de la qualité de l’air, alors que la pollution atmosphérique cause plus de 400 000 décès prématurés par an dans l’UE, le réseau d’ONG Health and Environment Alliance (HEAL) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont lancé un appel conjoint, mardi 13 février à Bruxelles, pour que les décideurs politiques dans l’UE, et plus largement dans toute l’Europe, agissent urgemment pour assainir l’air que respirent les citoyens européens.
Ce sujet de préoccupation est d’actualité, comme en témoigne la menace récemment brandie par la Commission de traduire devant la Cour de justice 9 États membres de l’UE qui enfreignent depuis des années la directive européenne de 1998 relative à la qualité de l’air ambiant (EUROPE 11958).
« Les impacts sur la santé de la pollution de l’air sont inacceptables et tout à fait évitables. L’UE a fait preuve de leadership mondial en établissant des normes de qualité de l’air juridiquement contraignantes et un cadre pour lutter contre la pollution de l’air en provenance de toutes les sources. Mais 23 États membres sur 28 enfreignent actuellement ces normes qui, pour certains polluants, sont déjà moins rigoureuses que celles recommandées par l’OMS », a fait observer Génon K. Jensen, directeur exécutif de HEAL, lors d’un point-presse à Bruxelles.
Impliquer davantage les ministres de la Santé. Dans une lettre ouverte publiée le même jour, HEAL s’adresse aux ministres de la Santé des Vingt-huit, avec copie aux ministres européens de l’Environnement, au commissaire à l’Environnement, Karmenu Vella, au commissaire à la Santé, Vytenis Andriukaitis, et au commissaire à l’Action pour le climat, Miguel Arias Cañete. L'ONG presse les ministres de la Santé d'accorder une plus grande priorité à la prévention des maladies et des causes de mauvaise santé liées à la pollution de l’air. HEAL suggère aussi la création d'un groupe de travail interministériel dans les États membres, chargé d'examiner les bénéfices ou les menaces pour la qualité de l'air qui résultent de chaque texte législatif, stratégie ou mesure nationale. L'ONG suggère en outre que les ministres de la Santé s'impliquent dans la mise en œuvre de l'Accord de Paris sur le climat.
« La pollution atmosphérique provoque des maladies non transmissibles comme les maladies cardiovasculaires, les accidents vasculaires cérébraux, les maladies pulmonaires obstructives chroniques et le cancer du poumon. Elle accroît aussi le risque d’infections respiratoires aiguës », a souligné le Dr. Maria Neira de l’OMS. Et de rappeler que ce phénomène affecte tout particulièrement les groupes de population vulnérables : les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées et les personnes déjà malades.
Encouragée de constater que la sensibilisation du public et des politiques augmente et que de plus en plus de villes se mobilisent pour surveiller et améliorer la qualité de l'air, elle plaide pour que « la priorité soit donnée aux mesures qui permettront non seulement d’améliorer la qualité de l’air, mais aussi de s’attaquer au changement climatique et d’améliorer la santé des citoyens partout ». (Aminata Niang)