L’UE a exhorté, mardi 6 février, à la levée « sans délai » de l’état d’urgence décrété le 5 février aux Maldives, quelques jours après la décision de la Cour suprême de libérer plusieurs opposants politiques (EUROPE 11953) et de réintégrer douze députés démis de leur mandat pour avoir fait défection du parti présidentiel.
« La proclamation de l'état d'urgence par le président des Maldives porte atteinte à la démocratie et aux droits de l'homme et aggrave encore les tensions politiques dans le pays », a souligné la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure dans un communiqué.
La porte-parole a aussi estimé que la décision d’arrêter deux juges de la Cour suprême, y compris son président, « montrait un mépris évident pour l'indépendance du pouvoir judiciaire - fondamental dans toute démocratie -, ainsi que la décision de la Cour du 1er février ». À la suite de l'arrestation des deux juges, la Cour suprême a annoncé sa décision du 1er février, « à la lumière des inquiétudes exprimées par le président ». De plus, l'arrestation de l'ancien président Gayoom porte un coup supplémentaire aux libertés fondamentales consacrées par la Constitution des Maldives, a insisté la porte-parole.
Ainsi, selon la porte-parole du SEAE, l’UE continue de s’attendre à ce que les autorités maldiviennes respectent cette décision de la Cour suprême du 1er février et « autorisent la reprise immédiate et le fonctionnement normal du parlement ». Elle a de nouveau appelé à un dialogue inclusif de tous les partis politiques afin d’ouvrir la voie à des élections crédibles, transparentes et inclusives.
La porte-parole a aussi estimé que « le retour immédiat à la normalité constitutionnelle est impératif afin de réduire les tensions actuelles ». Ainsi, « compte tenu de la grave détérioration de la situation, il est essentiel que tout le pays, en particulier les autorités répressives, agisse avec retenue », a souligné la porte-parole, sans oublier de rappeler que « les droits fondamentaux et les libertés de la population devaient être préservés, notamment la liberté d'expression et le droit à la manifestation pacifique ». (Camille-Cerise Gessant)