Le Parlement européen défendra jusqu’au bout les droits des citoyens européens touchés par le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne, ont rappelé les eurodéputés ayant participé à une audition-fleuve sur le sujet, jeudi 1er février.
Roberto Gualtieri (S&D, italien), l’un des coordinateurs du groupe de pilotage sur le Brexit du PE, a notamment promis que l’institution européenne serait très rigoureuse sur ces aspects, n’acceptant depuis le début des négociations sur le retrait de l'UE qu’une protection totale et sur toute leur vie des citoyens affectés.
L’élu italien a aussi contesté les propos de Theresa May tenus la veille, quant aux conditions de la période de transition fixées par les Vingt-sept lundi 29 janvier (EUROPE 11949). Le statu quo qu’implique la période de transition post-Brexit s’applique à tous les droits, y compris la liberté de mouvement pour les citoyens, a indiqué le président de la commission des affaires économiques et monétaires.
Lors d’un déplacement en Chine, le premier ministre britannique a en effet indiqué que son gouvernement s’opposerait à la demande des Européens d’accorder des droits, notamment de libre circulation, à tous les citoyens résidants ou s’installant au Royaume-Uni jusqu’à la fin de la période de transition.
« Il y a une différence entre ceux qui viennent avant que l’on quitte (en théorie le 29 mars 2019, NdlR) et ceux qui viennent après, sachant que le Royaume-Uni s’en va », avait dit Mme May, insistant sur le fait que les partisans du Brexit lors du référendum du 23 juin 2016 n’avaient pas voté pour que « rien ne change ».
« On va devoir en débattre », a dit l’élu italien, promettant une approche très cohérente du PE sur le sujet, mais évoquant aussi pour lui une « ligne rouge ».
Lundi 29 janvier, les Vingt-sept ont adopté le mandat de Michel Barnier pour négocier cette période de transition. Ils l’ont fixée à 21 mois, jusqu’à fin décembre 2020 et ont demandé que Londres respecte sur cette période l’intégralité de l’acquis européen, faisant de facto du Royaume-Uni un membre 'passif' de l’UE.
Notamment, les dispositions sur les droits des citoyens contenus dans l'accord de retrait ne s'appliqueront qu'à la fin de la période de transition, ont estimé les Vingt-sept. (Solenn Paulic)