Les ministres en charge de la politique industrielle et de la compétitivité sont invités par la Présidence bulgare du Conseil de l’UE à échanger et réfléchir sur les contours d'une future stratégie industrielle de l’UE qui prendrait pour point d’horizon 2030 et au-delà, lors d’un Conseil informel ‘industrie’ qui se tiendra à Sofia le 1er février, sous la houlette du ministre bulgare de l’Économie, Emil Karanikolov.
Suite à la communication de septembre de la Commission européenne – qui a laissé plusieurs délégations nationales sur leur faim – et les conclusions du Conseil du 30 novembre dernier (EUROPE 11916), la Présidence bulgare invite les ministres à examiner les enjeux « clés » afin de garantir une stratégie industrielle « ambitieuse et tournée vers l’avenir ».
Le Conseil informel s’ouvrira sur une session plénière qui se structurera autour de deux grandes questions : - les facteurs qui façonneront l’industrie de 2030 au niveau européen et mondial ; - les objectifs et les priorités que devra contenir la nouvelle stratégie industrielle afin de maintenir le secteur industriel européen compétitif.
Suivra un travail en deux groupes séparés : l’un portant sur la chaîne de valeur et le développement des avantages compétitifs pour l’économie européenne, l’autre sur les nouvelles tendances du développement industriel, en insistant sur la numérisation de l’industrie et la dimension humaine dans le processus économique.
Plus précisément, la première session visera à déterminer les avantages de l’Europe au niveau international : infrastructure, connaissance technologique, etc. Ici, la Présidence dit vouloir trouver une vision commune sur la manière de développer et renforcer au mieux ces atouts. La seconde session cherchera à déterminer les conséquences de la numérisation industrielle sur les compétences nécessaires, le niveau d’emploi et la redistribution des revenus en prenant en compte les structures économiques régionales. Objectif pour la Présidence : obtenir une réponse claire et envisager des initiatives.
La Belgique, Chypre, la République tchèque, le Danemark, l’Allemagne, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, la Lituanie, Malte, le Portugal, la Slovaquie, la Suède et le Royaume-Uni participeront à la première session ainsi que l’Islande et la Norvège en tant que membres de l’Espace économique européen et de l’association européenne de libre-échange. L’Autriche, la Bulgarie, la Croatie, l’Estonie, la Finlande, la France, l’Italie, la Lettonie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Roumanie, la Pologne, la Slovénie et l’Espagne, ainsi que le Liechtenstein et la Suisse participeront à la seconde session.
Industrie énergivore au menu de midi. Suivra un déjeuner de travail sur les industries énergivores en lien avec la numérisation et le changement climatique. Ici, la Présidence pose une série de questions pour aiguiller les discussions sur la manière d’accompagner au mieux la transition numérique et écologique des industries énergivores d’ici à 2050. Les ministres seront invités aussi à s’exprimer sur les options politiques sur lesquelles l’UE, les États membres et les collectivités territoriales doivent se concentrer à l’avenir en vue de garantir un cadre réglementaire stable. Enfin, la Présidence bulgare aimerait porter la réflexion sur la manière d’assurer des investissements publics et privés adaptés pour soutenir l’innovation, des projets de grande envergure, et faciliter l’accès au marché pour les nouvelles technologies. (Pascal Hansens)