Le commissaire à la Politique européenne de voisinage, Johannes Hahn, et le ministre des Affaires étrangères biélorusse, Vladimir Makei, ont salué, mardi 30 janvier, le rapprochement entre l’UE et la Biélorussie depuis quelques années.
« Depuis la levée des mesures restrictives il y a deux ans, nos relations se sont développées (EUROPE 11490). L'UE vise à renforcer les liens entre l'UE et la Biélorussie et à soutenir des réformes qui ont un impact positif direct sur le peuple biélorusse », a expliqué M. Hahn lors de sa conférence de presse commune avec M. Makei, pour sa première visite à Minsk depuis le printemps 2015. Pour ce dernier, « au cours des dernières années, nous avons constaté un succès significatif ». « Le dialogue se développe de manière très dynamique et nous aimerions que de telles dynamiques se poursuivent à l’avenir », a-t-il ajouté.
Le ministre a mis en exergue l'intensification significative de la coopération économique et commerciale, expliquant que les exportations vers l’UE avaient augmenté de 32 % pour les 11 premiers mois de 2017. « De nouvelles perspectives de coopération commerciale et économique s'ouvrent avec le début d'une opération à grande échelle dans notre pays de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), et avec l'arrivée de la Banque européenne d'investissement », a-t-il ajouté.
Les deux parties ont discuté des négociations en cours sur les ‘priorités de partenariat’, qui, selon M. Makei, deviendront la feuille de route des relations UE-Biélorussie d’ici 2020 dans différents domaines : la gouvernance efficace, le développement économique, le transport, l’efficacité énergétique et la lutte contre le changement climatique, les contacts entre les personnes. Le ministre a espéré que ces priorités de partenariat soient signées « dans un futur proche ».
M. Makei a aussi salué une coopération sectorielle « plus diverse et intense ». M. Hahn a ainsi cité le commerce, mais aussi les questions de migration, d'asile et de gestion des frontières. Les deux parties travaillent aussi dans le cadre d’un plan d'action commun dans le domaine douanier. La partie biélorusse a décidé d'envoyer un représentant du Comité national des douanes à Bruxelles.
Signe de cette coopération intensifiée, le soutien financier bilatéral de l’UE s’est élevé en 2016 à 29 millions d’euros, contre 14,5 millions l’année précédente. Selon M. Hahn, l’Union soutient « fortement le développement du secteur régional et privé, en particulier des PME » et la société civile. Le commissaire est aussi longuement revenu sur la participation de la Biélorussie au Partenariat oriental.
Les droits de l'homme toujours en question
Mais les relations ne sont pas sans quelques difficultés. Les négociations sur la libéralisation des visas, engagées en 2014, sont lentes. « La négociation est toujours une chose délicate. Je suis convaincu que nous trouverons une solution aux problèmes qui sont toujours à l'ordre du jour. Et avec de nouveaux progrès dans le développement de nos relations, nous en viendrons à la nécessité de signer ces accords sur la libéralisation du régime des visas et la réadmission », a estimé M. Makei. M. Hahn a rappelé que l’UE était en faveur de la liberté de mouvement, mais que des conditions devaient être remplies. En 2016, 695 615 Biélorusses ont demandé un visa Schengen et le taux de refus a été de seulement 0,26 %.
Les droits de l’homme sont un autre sujet complexe. « Ce n'est pas un secret que les questions sensibles se situent dans la sphère des droits de l'homme, le développement des processus démocratiques dans notre région », a reconnu M. Makei. M. Hahn a insisté sur ce sujet. « Notre dialogue sur les droits de l'homme soutient la mise en œuvre de réformes dans ce domaine prioritaire où des mesures concrètes sont nécessaires pour répondre aux préoccupations concernant la situation des droits de l'homme, l'État de droit, les libertés fondamentales et, en particulier, l'application continue de la peine capitale », a-t-il prévenu. La Biélorussie est le dernier pays d’Europe à appliquer la peine de mort. (Camille-Cerise Gessant)