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Bulletin Quotidien Europe N° 11949
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ACTION EXTÉRIEURE / Turquie

La tension monte entre M. Çelik et Mme Piri

La tension est montée, pendant le week-end, entre le secrétaire aux affaires européennes turc Ömer Çelik, et la rapporteur du Parlement européen sur la Turquie, Kati Piri.

La députée néerlandaise S&D a estimé que, contrairement à l’organisation État islamique (EI/Daech), le parti des travailleurs kurdes (PKK) n’était pas une menace pour l’Union européenne, dans une interview à Ahval, samedi 27 janvier. Cette déclaration a fortement déplu à M. Çelik, qui a plusieurs fois réagi via son compte Twitter.

« Pour la Turquie, l'enjeu est clair. Nous continuerons à nous battre jusqu'au bout contre Daech, le PKK et d'autres organisations terroristes similaires. Nous ne prendrons au sérieux aucune des déclarations de ce rapporteur, qui a des points de vue aussi erronés », a expliqué le ministre turc, estimant que Mme Piri et d'autres ne considéraient « comme terroristes que ceux qui les menacent, mais qui ne perçoivent aucune menace de ceux qui attaquent les autres ». Selon lui, « c'est une tragédie qu'un politicien, qui n'a pas les connaissances sur ces questions ou qui les rejette même si elle les connaît, soit le rapporteur pour la Turquie du plus grand parlement d'Europe ».

Lundi 29 janvier, Mme Piri a souligné, via Twitter, que « ce n’était pas la première fois que (ses) déclarations étaient prises hors contexte et utilisées à des fins politiques ». Lors de l'interview, la députée expliquait que le « PKK et ses variations n'étaient pas une menace » pour l'UE, car « il n'y a pas d'attaque du PKK aux Pays-Bas, en Belgique ou en France ». « Pour nous, quand il s'agit de la Syrie (…) la menace c’est l’EI. La menace numéro 1 pour la Turquie n'est pas l’EI. Après des décennies de combats avec le PKK, maintenant que ce combat se déroule en Syrie, je peux imaginer que l’EI n'est pas sa priorité », avait-elle ajouté.

Mme Piri a rappelé que, dans un rapport adopté en juillet dernier sur la situation politique en Turquie dont elle est l’auteur (EUROPE 11824), le Parlement se tenait « résolument aux côtés de la population turque dans la lutte commune contre le terrorisme qui est la (sienne) » et qu'il réaffirmait « sa condamnation du retour à la violence du PKK » considéré par l'UE comme une organisation terroriste. (Camille-Cerise Gessant)

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