Suite aux révélations faites par le Süddeutsche Zeitung relatives à des expériences menées sur des singes et des êtres humains par Volkswagen pour mesurer l’impact des émissions sur la santé, la porte-parole de la Commission européenne sur les questions du Marché intérieur et de l’Industrie a indiqué, lundi 29 janvier, que les expériences sur les émissions de véhicules n’impliquent en aucune manière des expériences animales ou sur des humains, et a appelé à des clarifications.
« Au sein du cadre sur la réception (des véhicules à moteur) de l’UE, les tests se concentrent sur la limitation des émissions des véhicules ; ils sont menés par des laboratoires et des services techniques agréés et ne comprennent jamais des tests animaux et humains », a déclaré ainsi Lucia Caudet. « L’UE a toujours été et restera engagée pour garantir le bien-être animal, l’amélioration de la santé publique et la protection environnementale », a-t-elle poursuivi. « Demain nous avons le Sommet ministériel sur la qualité de l’air, qui se tiendra ici à Bruxelles, et nous espérons que le ministre du pays visé sera capable d’expliquer ce qui est arrivé », a-t-elle ajouté.
Le règlement 715/2007/CE prévoit des tests sur la limitation des émissions des véhicules diesel, mais ne vise en aucune manière à mener des expériences sur l’effet sur la santé des gaz d’échappement, comme l’oxyde d’azote, selon une autre source, qui rappelle que la Commission européenne n’est pas responsable de la supervision des tests dans le cadre de la législation européenne actuelle.
La Commission européenne devrait avoir de nouvelles prérogatives dans le cadre de la révision du règlement sur l’homologation et la surveillance du marché des véhicules à moteur, qui a fait l’objet d’un accord interinstitutionnel de décembre (EUROPE 11921).
Mme Van Brempt n'attend plus « un comportement éthique » de Volkswagen. L’ancienne présidente de la commission d’enquête EMIS sur le Dieselgate, Kathleen van Brempt (S&D, belge), a porté un jugement définitif sur le constructeur allemand. « Nous ne pouvons pas compter sur un comportement éthique de Volkswagen, maintenant qu’il est clair que le groupe a testé en laboratoire l’impact des émissions non seulement sur des singes, mais aussi sur des humains », a-t-elle déclaré. La députée s’est agacée par ailleurs de la lenteur des rappels par le constructeur allemand des véhicules concernés par les fraudes. (Pascal Hansens)