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Bulletin Quotidien Europe N° 11940
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Iran

Les députés appellent à la libération des manifestants emprisonnés

Les députés européens ont appelé, mardi 16 janvier, lors d’un débat, à la libération des manifestants emprisonnés en Iran pour avoir participé à des manifestations contre le chômage et le faible niveau de vie. Les députés ont précisé que l’accord avec l'Iran sur le nucléaire, auquel ils ont apporté leur soutien, ne devait pas être une excuse pour ne pas défendre les droits de l’homme dans le pays.

« Les Iraniens se sont rendus en masse dans les rues pour demander plus de justice, moins de corruption, ils méritent le soutien sans équivoque de l’UE, et que les droits de l’homme et les libertés soient un point essentiel de notre agenda », a expliqué, pour l’ADLE, Marietje Schaake (Néerlandaise). « Nous devons respecter l’accord nucléaire, mais cela ne doit pas empêcher d’interpeller les dirigeants concernant le respect des droits de l’homme ou leur rôle toxique » dans la région, a-t-elle estimé.

Au nom du PPE, David McAllister (Allemand) a souhaité que les Européens, y compris la délégation du PE qui se rendra en Iran du 12 au 16 février, appellent les autorités à respecter la liberté d’expression, à libérer les prisonniers politiques et à améliorer la condition des citoyens. Son compatriote Knut Fleckenstein, pour le S&D, a plaidé pour le dialogue. « Il faut se parler, dialoguer, dans la franchise, la clarté et le respect mutuel (...) Les autorités exigent que l’on ne se mêle pas des manifestations, mais les droits de l’homme sont universels ; il faut pouvoir en parler », a-t-il souligné. « Nous devons discuter de cette situation et demander instamment qu’elle s’améliore et augmenter notre aide aux activistes des droits de la personne », a ajouté l’Allemande Barbara Lochbihler au nom des Verts/ALE. Selon elle, la situation des droits de l’homme s’est détériorée depuis la réélection de Hassan Rohani en mai 2017 (EUROPE 11793).

De nombreux députés ont dénoncé la déclaration de la Haute Représentante, trop tardive, après plusieurs jours de manifestations, qui a renvoyé dos à dos manifestants et régime, les appelant à la retenue (EUROPE 11932). « Il faut faire une distinction entre notre politique sur le nucléaire et celle sur les droits de l’homme, qui doit rester valable. (...). Chère Europe ta réaction est nulle, sans teneur, ce que nous voulons, c’est défendre l’Europe des peuples et non celle des banques et des intérêts financiers », a lancé l’Italien Mario Borghezio, pour l’ENL. 

Le commissaire à la Politique de voisinage, Johannes Hahn, a demandé des « enquêtes dans tous les cas de violations des droits de l’homme et des sanctions envers leurs auteurs ». « La liberté d’expression doit être respectée (…). L’UE a toujours parlé des droits de l’homme dans ses contacts avec les autorités iraniennes et continuera à le faire », a-t-il prévenu.

Revenant sur le motif des manifestations, M. Hahn a estimé que l’engagement des États membres et de l’UE envers l’Iran et l’accord sur le nucléaire, qui a permis la levée de sanctions économiques, étaient « autant d’éléments pour améliorer la situation économique des Iraniens ». « La levée des sanctions a été le point de départ pour améliorer l’économie iranienne, mais ce n’est pas suffisant, il est nécessaire de faire des réformes », notamment dans le secteur bancaire, et d'intensifier la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent, a prévenu M. Hahn, rappelant que l’UE avait proposé de l’aide technique et était prête à apporter l’aide nécessaire pour les réformes. (Camille-Cerise Gessant)

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