Les membres de la commission 'libertés civiles' du Parlement européen ont exprimé, lundi 15 janvier dans la soirée, à Strasbourg, leur exaspération face au maintien par les États-Unis d’exigences de visas pour les ressortissants de cinq pays membres de l'Union européenne (Chypre, Bulgarie, Roumanie, Pologne, Croatie) et ont demandé à la Commission européenne d’agir concrètement pour obtenir la levée de ces exigences (EUROPE 11931).
Fin 2017, c’est le Canada qui avait levé les restrictions qu’il posait à certains pays membres, ne laissant plus que le cas américain à traiter. Plusieurs députés ont souligné lundi, comme difficulté, le caractère imprévisible du président américain Donald Trump et se sont inquiétés de ses récentes remarques sur les pays ‘shithole’ selon l’expression que le président américain aurait utilisée.
Mais imposer en représailles des exigences de visas aux citoyens américains se rendant dans l’UE n’est pas non plus la solution, ont estimé certains députés, à l’image d'Agustin Diaz de Mera García Consuegra (PPE, espagnol), exhortant la Commission à poursuivre son travail pour lever ces restrictions.
La Commission européenne, elle-même, refuse toujours d’adopter un acte délégué, comme les règles l’y obligent dans les cas de manquements en termes de réciprocité des visas avec les pays tiers. Elle a maintenu cette ligne lundi soir, soulignant l’impact économiquement délétère qu’aurait une telle mesure.
Des rencontres tripartites sont prévues à Bruxelles fin janvier, puis à Washington au printemps, la Commission restant optimiste sur les chances d’aboutir à cette levée des exigences, même si elle n'a pas donné de calendrier précis pour y parvenir.
Un discours qui n’a pas rassuré Sophie in’t Veld (ADLE, néerlandaise) qui a aussi appelé le PE à faire son autocritique. Selon elle, le PE aurait absolument pu faire aussi un procès à la Commission pour ne pas avoir respecté ses obligations légales. (Solenn Paulic)