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Bulletin Quotidien Europe N° 11935
POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

Scientifiques et ONG dénoncent les menaces des propositions de l'UE en matière de bioénergie

Une trentaine d'ONG environnementalistes issues du monde entier ont appelé les députés européens, mardi 9 janvier, à modifier les dispositions prévues en matière de bioénergie lors du vote en plénière au Parlement européen, prévu le 17 janvier, sur la directive révisée pour la promotion des énergies renouvelables, pointant du doigt la « grave menace » qu'elles font peser, en l'état, sur le climat et le développement durable.

Les propositions actuelles de l'UE encourageront un développement accru de l'utilisation des arbres et des cultures agricoles à des fins énergétiques alors que plusieurs études scientifiques, dont celles commandées par les institutions de l'UE et ses États membres, ont mis en évidence qu'il en résultera des hausses des émissions de carbone par rapport aux combustibles fossiles, se traduisant par ailleurs par d'autres effets nuisibles sur le plan social et environnemental, ont averti les ONG, dans une lettre aux députés européens.

Les dispositions prévues dans la directive 'renouvelables' révisée n'y mettront pas fin, car elles sont basées sur : - des critères incomplets relatifs aux gaz à effet de serre, qui ne tiennent pas compte des principaux contributeurs aux émissions nettes pour les biocarburants et la biomasse forestière ; - la gestion durable des forêts, qui n'est en aucun cas un indicateur indirect de l'impact de la combustion du bois sur les gaz à effet de serre ; - la comptabilisation déficiente de l'utilisation des terres, du changement d'affectation des terres et de la sylviculture dans l'UE et ailleurs, qui permettrait encore de brûler des arbres et des cultures, expliquent-elles.

Pour éviter que les règles de l'UE en matière de bioénergie aient de graves conséquences, les ONG exhortent donc le PE a exclure des subventions ou d'autres incitations au brûlage du bois de tronc et des souches - une pratique qui augmentera généralement les émissions pendant des décennies, voire des siècles, par rapport aux combustibles fossiles - et à l'utilisation de la biomasse forestière dans les grandes centrales électriques inefficaces qui ne recourent pas à la cogénération.

Elles plaident aussi pour la suppression progressive des soutiens aux biocarburants issus de cultures cultivées à des fins spécifiques et elles s'opposent à tout objectif en matière de renouvelables dans le secteur des transports qui n'exclurait pas leur utilisation ou qui encouragerait les biocarburants avancés non durables, expliquant que les matières premières pour les biocarburants avancés devraient être limitées aux véritables déchets et résidus conformes au principe de l'utilisation en cascade et à des critères de durabilité élevés.

« Ces réformes de bon sens détourneront les subventions publiques et les investissements privés des formes contre-productives de la bioénergie et les orienteront vers des alternatives plus propres et plus durables ; elles devraient assurer par ailleurs la stabilité politique dont les investisseurs, les agriculteurs et les industries forestières ont grand besoin », insistent les ONG environnementalistes.

Leur appel est soutenu par un courrier adressé par plus de 600 scientifiques aux députés européens les exhortant à modifier les dispositions de la directive 'renouvelables' 2.0 prévues pour la biomasse forestière afin d'éviter de nuire aux forêts du monde et de contribuer à l'accélération du changement climatique. (Emmanuel Hagry)

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