Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a estimé, lundi 8 janvier, que l’adhésion des Balkans occidentaux à l’UE était liée à la résolution du conflit entre la Slovénie et la Croatie, expliquant qu’il n’était pas question qu’un pays adhère à l’UE sans avoir réglé ses problèmes territoriaux.
« La question non résolue du problème de frontières entre la Slovénie et la Croatie a un impact sur la perspective des pays des Balkans occidentaux à devenir membres de l’UE », a expliqué M. Juncker lors d’une conférence de presse avec le président slovène, Borut Pahor, à Bruxelles. Ces deux pays balkaniques ont toujours un différend frontalier, malgré une décision de la Cour d’arbitrage favorable à Ljubljana. Dans son traité d’adhésion à l’UE, signé en 2011, la Croatie s’était engagée à reconnaître la décision de la Cour d’arbitrage.
« Plus jamais je ne serai d’accord quand il s’agit de l’adhésion des pays des Balkans occidentaux pour qu’on laisse à plus tard la résolution des problèmes frontaliers existants. Tous ces problèmes entre les pays des Balkans doivent avoir trouvé une réponse avant l’adhésion de ces pays. On ne peut pas jouer les prolongations comme nous le faisons aujourd’hui (entre la Croatie et la Slovénie). Il faut que ces pays se mettent d’accord avant de devenir membres de l’UE », a prévenu M. Juncker. « Le futur élargissement de l’UE vers les Balkans occidentaux est entre les mains de la Slovénie et de la Croatie. Plus jamais ça ! Il faut avoir trouvé une réponse aux problèmes frontaliers avant la finalisation des accords d’adhésion », a-t-il insisté.
Le président de la Commission a rappelé que son institution était prête à assumer un rôle de méditation entre les deux parties « sur la base de la décision de la Cour d’arbitrage ». « Nous ne nions pas qu’il y ait des nuances que le gouvernement croate apporte à l’interprétation (de la décision), mais les différences entre les deux pays sont infimes », a estimé M. Juncker.
De son côté, le président slovène a soutenu une action plus ambitieuse de la Commission. « La Commission pourrait être plus active encore. (…) Je suis ici pour demander à la Commission, à son président et son vice-président Timmermans, de s’engager plus activement vers la mise en œuvre de la décision d’arbitrage », a-t-il expliqué, estimant que la Commission avait le « devoir politique et moral » de s'investir davantage. M. Juncker a rappelé que, jusqu’à présent, la proposition de médiation de la Commission avait reçu « une réponse pas particulièrement positive », mais que cette dernière allait continuer à rapprocher les deux parties.
M. Pahor a également appelé la Croatie à respecter ses engagements, estimant qu’elle « s’inscrivait en violation de ce qu’elle a signé dans son traité d’adhésion ». (Camille-Cerise Gessant)