login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11906
Sommaire Publication complète Par article 19 / 34
ACTION EXTÉRIEURE / Mercosur

L'UE envisage une ultime offre accommodante sur le bœuf et ouvrant un quota pour le sucre

L'Union européenne envisagerait, dans son ultime offre en matière d'accès au marché pour le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) en vue d'un accord bilatéral de libre-échange, de porter à 100 000 tonnes le contingent d'importation tarifaire de bœuf, et d'ouvrir un contingent pour le sucre, en plus du contingent ouvert pour l'éthanol, a-t-on appris de source des milieux concernés, jeudi 16 novembre.

Les pourparlers approchent de la ligne d’arrivée : le cinquième round (depuis leur reprise en octobre 2016) de négociations, début novembre à Brasilia, a permis, selon la Commission européenne, de réaliser des « progrès substantiels » vers un accord dans tous les domaines couverts et de baliser le terrain pour un troisième échange d'offres en matière d'accès au marché - couvrant les marchandises, les services et les marchés publics (EUROPE 11904).

Les négociateurs restent engagés à conclure un accord de principe d’ici fin 2017. Le prochain round se tiendra à Bruxelles entre la dernière semaine de novembre et la première semaine de décembre.

Lors de l'échange des offres révisées en matière d'accès au marché, en octobre, l'UE a mis dans la balance l'ouverture de quotas tarifaires d'importation de 70 000 tonnes pour le bœuf et de 600 000 tonnes d'éthanol. Cette offre, qui inquiète, France en tête, une douzaine d'État membres (aussi préoccupés pour le traitement réservé à d'autres produits sensibles comme la volaille, le sucre et le miel), n'avait toutefois pas répondu aux attentes du Mercosur.

Les quatre pays latino-américains jugent ces quotas inférieurs à ceux proposés au début des négociations, en 2004, de 100 000 tonnes de viande bovine et un million de tonnes d'éthanol.

Jeudi, les organisations et les coopératives agricoles de l'UE (Copa et Cogeca) ont dénoncé la décision de l'UE d'améliorer son offre agricole en échange de concessions sud-américaines à d'autres secteurs européens, soulevant de graves préoccupations en matière de santé publique, au vu de la situation sanitaire au Brésil, et de la lutte contre le changement climatique.

« Il est scandaleux de donner aux consommateurs européens plus de viande bovine des pays du Mercosur, qui alimentent déjà 86% de nos importations, alors que leurs normes de sécurité, de qualité et de traçabilité ne répondent pas aux nôtres. Cette hausse potentielle des exportations de viande bovine du Brésil vers l'UE n'est pas une bonne nouvelle si les consommateurs européens ne veulent pas être exposés à des résidus d'antibiotiques utilisés dans ces pays et interdits dans l'UE », a fait valoir l'organisation.

Le Copa-Cogeca espère qu'un accord n'interviendra pas avant la mission d’inspection vétérinaire de la Commission au Brésil prévue en janvier 2018. Il souhaite que cette mission soit encadrée et soutenue par une commission d’enquête du Parlement européen.

Par ailleurs, l'organisation a souligné son inquiétude concernant l'inclusion du jus d'orange dans l'offre de l'UE qui importe déjà d'énormes volumes de ces pays sans réciprocité de leur part.

Enfin, le Copa-Cogeca dénonce l'impact négatif sur le climat d'un accord avec le Mercosur, pointant du doigt l'ampleur de la déforestation au Brésil en raison d'un fort accroissement de la production agricole qui augmente les émissions de gaz à effet de serre alors que l'UE a réduit ses émissions de plus de 20% depuis 1990. (Emmanuel Hagry)

Sommaire

REPÈRES
SOCIAL
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
BRÈVES