L’Union européenne a défendu, mercredi 15 novembre, sa coopération avec la Libye, alors que la veille, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, avait qualifié d’« inhumaine » cette coopération, soulignant que la situation des migrants était devenue « catastrophique ».
Selon le diplomate onusien, « les interventions croissantes de l'UE et de ses États membres n'ont jusqu'à présent pas servi à réduire le nombre d'abus subis par les migrants ».« La souffrance des migrants détenus en Libye est un outrage à la conscience de l'humanité », a-t-il ajouté.
« Ce n’est pas l’action de l’UE qui a créé un système inhumain en Libye. Au contraire, nous (...) travaillons » pour remédier à la situation, a rétorqué la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), Catherine Ray. La priorité de l’UE, qui agit sur place en coopération avec des agences internationales, « est - et restera - de protéger des vies et d’être sûrs que chacun bénéficie d’un traitement humain et digne », a-t-elle ajouté.
La porte-parole du SEAE a expliqué que le travail de formation que mène l’UE auprès des gardes-côtes, avec une composante sur les droits de l’homme, allait continuer car il avait permis de « sauver des milliers de vies dans les eaux territoriales libyennes ».
Selon Mme Ray, le chef de la délégation de l’UE à Genève, accompagné d’un représentant de la Présidence estonienne du Conseil de l’UE et de l’ambassadeur italien, ont rencontré, mercredi 15 novembre, des membres du cabinet du Haut-Commissaire « pour clarifier la position de l’UE et souligner la coopération forte » entre l’UE et les agences de l’ONU sur le terrain.
« Nous travaillons sur tous les fronts pour traiter la situation terrible en Libye et pour protéger » les migrants et réfugiés, a rappelé pour sa part le commissaire à la Migration Dimitris Avramopoulos devant les médias. « La situation est terrible, dramatique. Tous ensemble nous devons faire plus » pour traiter cette question, a-t-il reconnu.
Par ailleurs, le Parlement européen a annoncé l'envoi d'une délégation en Libye du 16 au 22 décembre. L’objectif sera de vérifier la situation, notamment humanitaire, avec un accent sur les efforts des autorités libyennes dans le processus de stabilisation et le respect des droits fondamentaux. (Camille-Cerise Gessant)