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Bulletin Quotidien Europe N° 11891
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / HarcÈlement sexuel

Les députés européens s'engagent dans la campagne #MeToo

Le Parlement européen a fermement condamné le harcèlement sexuel en général et au sein de l’hémicycle en particulier, lors d’un débat en session plénière mercredi 25 octobre. Une résolution commune en faveur d’une directive européenne contre la violence basée sur le genre sera mise aux voix le lendemain.

Les députés ont mis ce sujet à l’ordre du jour de leur plénière dans la foulée du scandale Weinstein et des témoignages reliés sous le hashtag #metoo. Ils ont toutefois déplacé le débat à une heure où il était plus visible, suite aux multiples articles de presse dénonçant des cas de harcèlement au sein même de l’institution. Le site Politico.eu parle même de « plus de 30 allégations de viol, d'agression et de harcèlement liées au Parlement européen ».  

Dans ce contexte, les députés ont pris la parole pour dénoncer le harcèlement sexuel dont sont victimes une moitié des citoyennes dans l’UE. Certains ont focalisé leur discours sur la situation des plus vulnérables, comme les réfugiés ou les travailleurs domestiques, tandis que d’autres, comme Karima Delli (Verts/ALE, française), ont appelé le Parlement à balayer devant sa porte.  « Nous devons tous dire #metoo », a lancé la députée Beatriz Becerra Basterrechea (ADLE, espagnole), arborant un t-shirt avec ce message. 

Un courriel envoyé à tous les membres

Édouard Martin (S&D, français) a indiqué qu’il n’y avait « ni plus ni moins de harcèlement au Parlement européen qu’ailleurs ». Il est d’ailleurs - avec d’autres députés, assistants parlementaires et conseillers politiques des groupes S&D, Verts/ALE, GUE/NGL et ADLE – cosignataire d’un courriel dans ce sens envoyé à tous les membres du Parlement européen. Ce document appelle notamment à commander un audit externe sur la situation du harcèlement sexuel au Parlement européen. Il plaide aussi pour un comité spécial sur le harcèlement sexuel, composé d'un conseiller juridique et de représentants du personnel médical, pour enquêter sur les affaires formelles, tenir un registre confidentiel des affaires et appliquer la tolérance zéro à tous les niveaux de l’institution.

Cette demande, formulée lors du débat en plénière, a été fermement rejetée par la députée PPE Élisabeth Morin-Chartier (française) qui préside déjà le comité de lutte contre le harcèlement au Parlement. Selon elle, le harcèlement sexuel est aussi psychologique et, en ce sens, il n’y pas lieu de créer une instance spécifique. Elle recommande plutôt la mise en place d’un « réseau de personnes de confiance » pour libérer la parole des victimes.

Résolution attendue le 26 octobre

Les députés devraient se prononcer jeudi sur une résolution commune plaidant pour une directive contre toutes les formes de violence contre les femmes et les filles ou basée sur le genre ainsi qu'une stratégie européenne en la matière. Elle demande également au Conseil d'activer la clause passerelle en adoptant une décision unanime visant à identifier la violence contre les femmes et les filles (et d'autres formes de violence sexiste) comme un crime, en vertu de l'article 83, paragraphe 1, du traité FUE. (Sophie Petitjean)

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